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 Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)

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Nathanaël White
MessageSujet: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Jeu 23 Juil - 16:20

Il ne fallait jamais jouer avec le feu, Nathanaël le savait mais le faisait. A ses risques et périls, comme on dit. Pourtant en ce jour, Nathanaël regrettait au fond de lui ce qu'il avait fait. Il regrettait d'être allé aussi loin, d'avoir continué à enchaîner les conneries dans une seule journée malgré l'énervement évident des adultes. Pourquoi le jeune ruban rouge était ainsi ? Lui-même ne le savait pas, il agissait toujours de cette manière, il aimait faire chier les autres, les énerver, les voir hors d'eux. Il avait l'impression de les dominer, c'était idiot mais c'était le genre de pensées du petit garçon. Quand son père le battait, Nathanaël continuait de provoquer son père qui finissait par être hors de lui et le jeune garçon se sentait alors plus fort que lui, même si au final, c'était lui qui souffrait le plus dans l'histoire.

Nathanaël n'avait pas arrêter de la journée, il avait été renvoyé de cours car il n'arrêtait pas de perturber sa classe. Il avait ensuite provoqué une bataille de nourriture dans le réfectoire. Nathanaël s'était défendu en disant qu'il ne fallait pas gâcher la nourriture, donc comme elle était immangeable, autant s'en servir pour s'amuser. Bizarrement, les adultes ne semblaient pas être de son avis, du tout même. Il s'était donc fait engueulé et collé pour le soir même, ils pensaient qu'il allait se calmer avec une colle, mais non. Nathanaël avait finit par lâcher un serpent qu'il avait trouvé dans la forêt dans le dortoir des rubans verts filles. Ce serpent était petit et inoffensif, Nathanaël l'avait prit à la base de sa tête, comme ça, il n'y avait aucun danger. Mais voir les filles partir en pleurant avait été tellement drôle, ça l'aurait été encore plus si on ne l'avait pas dénoncer. Mais bon, une verte l'avait dénoncé et Caleb avait fini par le traîner vers le bureau de la directrice, excédé par les bêtises du petit garçon. Nathanaël criait et insultait l'adulte de tous les noms, mais devant la vieille directrice, le ruban rouge se contenta de garder son sourire moqueur sur son visage. Il leva les yeux au plafond quand elle commença à le réprimander, il avait l'habitude de tout ça. Mais il n'eut pas le temps de réagir qu'un premier coup tomba sur le jeune garçon, Caleb, lui, était déjà partie comme un lâche. Nathanaël encaissa les coups en silence, jamais il n'aurait laissé échapper un petit gémissement, ni un cri et encore moins une larme pour cette femme. Quand elle eut fini de le frapper, elle le prit par les cheveux et le traîna. Nathanaël se raidit, il avait finit par dépasser la limite de la patience des adultes. La vieille femme lui attrapa les poignets tandis que le petit ruban rouge essayait de se défendre, en vain. En deux trois mouvements, Nathanaël fut attaché à l'échafaud et laissé là, seul face à son impuissance devant un monde de brute.

Cela faisait maintenant plusieurs heures que Nathanaël était attaché à cette fichue plaque de métal. Nathanaël avait mal aux poignets, son corps n'était plus que tremblements. Il était attaché et ça lui rappelait les agissements de son cher père. Ses pensées étaient donc dirigés vers lui, et les démons de son passé refaisaient surface au grand damne de l'enfant qui essayait de rester calme, en vain. Nathanaël repensait aux coups mais surtout les viols de l'adulte, Nathanaël trembla encore plus. Le ruban rouge  était totalement paniqué, il essaya une nouvelle fois de se défaire de ses liens, en vain. Les larmes du ruban rouge se mirent à couler sur son visage, il avait envie de vomir à cause des images qui tournaient dans sa tête. Oui, cette femme avait trouvé son point faible, quand il était seul et si vulnérable, l'enfant retombait irrémédiablement dans les  bras des démons du passé. Le jeune ruban rouge continuait de pleurer silencieusement, il avait mal partout à cause des coups, son corps et son visage portaient les marques de ces derniers mais surtout, il était face à ses démons et il ne voulait pas être confronté de nouveau à son père. Il avait joué avec le feu, il s'était brûlé. Il avait joué, il avait perdu.
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MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Ven 24 Juil - 15:18

Parfois, tu te sens submergé par la nostalgie. Tu te dis que t'as dû faire une connerie en venant ici, que ce boulot n'est pas pour toi. Que tous ces enfants-là sont trop tristes alors que toi, tu veux une vie heureuse. Mais en même temps tu te dis que tu peux les aider, qu'aucun n'est encore irrémédiablement perdu, et qu'il suffit d'un peu de temps pour leur rendre le sourire. La plupart n'ont pas eu une vie facile. Certains ont perdu leurs parents, d'autres se sont fait abandonner, et d'autres encore étaient négligés par leur famille. Mais tu te dis que ce n'est peut-être pas par hasard que tu aies trouvé un poste ici, que tu es fait pour enseigner dans un lieu sobre et respirant le malheur, qu'il y a bien au moins une personne qui puisse leur redonner espoir. Et que cette personne, ça peut être toi. Mû par cette conviction, tu as décidé d'aider au mieux les élèves qui croiseraient ta route. Pas pour te faire une belle réputation de sauveur de gosse, pour te faire mieux voir, juste parce que leurs mines de déterré te renvoient à une autre époque, celle où ton père te battait tous les soirs. Tu repenses aussi aux longues cicatrices qui zèbrent ton dos de toutes parts, blessures qui saignaient autrefois mais qui se sont tues aujourd'hui. Même si parfois, au-delà de la douleur psychologique, ton dos te fait souffrir atrocement. Tu t'es rendu compte, au fil des jours, que beaucoup des orphelins de l'endroit avaient un passé semblable au tien, douloureux, qui resterait gravé dans leur mémoire. Tu as même hésité à aller voir la directrice pour lui demander d'engager des psychologues. La moitié des élèves de l'établissement semble complètement instable à tes yeux. Mais tu t'es aussi dit que te faire manger une nouvelle fois par la vieille Moor, tu t'en passerais bien. T'as donc décidé de jouer les super-héros. Et ta première mission, pour l'heure, ce serait de décrocher le ruban rouge qui gît à l'échafaud depuis de nombreuses heures. Tu as vu Caleb le traîner chez la directrice, puis celle-ci l'amener dans la cour intérieure pour l'attacher à son arme de torture, alors tu as attendu que tout redevienne silencieux pour passer la tête par l'embrasure de la porte, encore une fois ouverte. Car Moor ne se lasse pas de montrer à tout le monde qu'elle peut faire preuve d'une grande cruauté, histoire de donner une bonne leçon aux orphelins qui passeront par là. Du haut de ton mètre quatre vingt dix, tu t'approches donc rapidement du garçon, qui paraît souffrir considérablement, guettant la fenêtre du bureau de Moor au cas où elle s'y pointerait. Tu t'agenouilles face au gosse, détaille son visage crispé et épuisé, te demandant comment détacher les chaînes fermées à clé. Tu commences à tirer doucement sur les cadenas, puis plus fort, déclenchant des gros bruits métalliques. Tu paniques un peu, et si la directrice t'entend, si elle te renvoie ? Tu continues de chercher une solution, tirant sur les chaînes qui maintiennent le garçon en place, les mains tremblantes et une mauvaise sueur perlant à ton front. « Ça va aller, d'accord ? Je vais te détacher de là. » Le gamin ne réagit pas, ça t'inquiète un peu. Tu détailles alors son visage, c'est effectivement un ruban rouge, tu l'as eu une fois en cours, alors que tu devais présenter ta matière au cas où ils la choisiraient comme option plus tard. Pourtant, impossible de mettre un nom sur ce visage, tu n'as pas jugé utile de faire se présenter chaque élève. Te viens alors une idée, un léger petit espoir, tellement improbable ; tu sors de ta poche la clé d'une salle de cours, chaque prof en a un exemplaire, histoire d'accéder plus rapidement aux locaux, et tu la glisses dans le premier cadenas, angoissé. Un déclic. Ça s'ouvre. Tu manques de pousser un cri de joie et t'actives sur le deuxième, avant de détacher complètement le garçon. Tu ranges la clé dans ta poche et attrape délicatement le blessé puis le passe par-dessus son épaule, pour le porter plus facilement. Tu t'éloignes rapidement de la petite cour, espérant que personne ne croise ta route, te dirigeant droit vers l'infirmerie. Une fois sur place, tu remercies plusieurs fois ta bonne étoile que l'infirmier ne soit pas là, déposant le petit sur la table. Tu sors de quoi traiter ses poignets, complètement rougis par les chaînes, mais tu n'as pas de diplôme en médecine alors tu fais ça un peu maladroitement, la peur toujours accrochée au ventre. Tu sens qu'il est encore conscient mais qu'il est difficile pour lui de parler, alors tu essaies de le relancer un peu, hésitant. « Euh... Dis-moi comment tu t'appelles, ton âge, et... le jour qu'on est. Tous les détails que tu peux te rappeler. » Tu ne sais pas s'il va répondre, mais c'est un test qu'on t'a appris il y a longtemps pour vérifier qu'une personne n'est pas totalement en état de choc après un gros traumatisme.
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Nathanaël White
MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Ven 24 Juil - 20:11

Nathanaël n'était pas dans son état d'esprit normal, ses pensées étaient bien trop loin, son regard était vide comme si toute forme de vitalité avait disparu du corps de l'enfant. Il souffrait énormément mais surtout, il se revoyait dans sa chambre, son père entrant d'un pas menaçant dans celle ci. Nathanaël, refusant de se laisser faire, hurlait contre son père, il le provoquait. Mais l'adulte le forçait à se taire ou à changer la rébellion du plus jeune en des cris emplie de douleurs ou des larmes. L'adulte frappait de toutes ses forces sur le plus jeune qui finissait parfois par tomber inconscient au sol. Ensuite, la plupart du temps, l'homme violait son fils sans ménagement. Le jeune garçon se sentait si mal, si sale. Il se haïssait dans ces moments-là. L'adulte arrivait alors à faire pleurer Nathanaël, il se délectait alors des larmes de son fils, ce n'était pas une mince affaire d'arracher des larmes à l'enfant. Le White revoyait encore et encore ses scènes, les violences de son père. Mais à travers ce nuage de pensées macabres arrivait parfois le visage de sa mère. La mère que Nathanaël avait tant aimée, la mère qu'il avait tué avec sa naissance. Nathanaël avait été l'une des raisons qui avaient fait que la mère du petit ruban rouge mourut, vaincue par son cancer.

Nathanaël entendit alors des pas se rapprocher de lui, il essaya de se faire le plus petit possible pour éviter les coups qui allaient pleuvoir selon lui. Son esprit était trop embrumé, il entendit vaguement une phrase mais l'enfant n'eut pas la force de relever le regard ni même de souffler une réponse. Nathanaël était à bout, son corps tout entier était parsemé de bleus et de marques, ses poignets étaient rouges à cause des chaînes bien trop serrées. Il entendit des bruits métalliques, Nathanaël n'arrivait pas à forcer son corps à réagir. Finalement, il sentit la pression exercé sur ses bras pour les garder levés vers le haut se rompre, Nathanaël glissa lamentablement au sol. Le ruban rouge se sentit soulevé, il ne réagit pas, le cerveau toujours embrumé après ces longues heures passées attaché. Les larmes continuaient de couler sur son visage, qui reflétait une immense douleur. Quelqu'un le posa alors sur la table, le corps de Nath pencha dangereusement vers la droite. Heureusement, le petit garçon décida de se reprendre, il se tient au bord de la table et essaya de respirer calmement tandis que l'adulte était partie quelque part. Il devait arrêter de pleurer, il ne voulait pas se montrer faible, surtout pas... Surtout pas devant un adulte, jamais. Finalement, celui ci revient et soigna ses poignets. Nathanaël se les frotta pensivement, il avait l'impression d'avoir toujours ses chaînes lui enserrant les poignets. L'adulte lui posa alors quelques questions, Nathanaël essaya de calmer ses pleurs et de répondre. C'est faiblement qu'il réussit à répondre aux deux premières questions.

«Nathanaël White... J'ai dix ans... Je...»

Nathanaël chercha le jour mais ne trouva pas, complètement chamboulé par les événements, il ne se souvenait vraiment de peu de choses, son esprit était bien trop occupé par les images de son passé et ces longues heures passées, enchaîné comme un moins que rien. Nathanaël se mit à trembler et recula un peu, complètement différent de d'habitude. Normalement, il aurait rejeté l'aide et serait partie loin de cet homme qui était un adulte. Mais Nathanaël était bouleversé, il avait peur de cet homme, peur des représailles, peur des coups. Il recula un peu, pour s'éloigner de l'homme, n'arrivant plus à se souvenir du jour ou de l'heure.

«Je ne me souviens plus.... Pardon... Je suis désolé... Ne me frappez pas, je vous en prie.»

Le jeune ruban rouge s'éloigna un peu plus à la fin de sa phrase, il leva ses bras devant son visage pour protéger cette partie de son corps des éventuels coups. Les larmes continuaient de couler sur son visage, il était tellement différent mais il avait peur, peur de son père, peur des adultes et de ce qu'ils sont capable de faire. A travers ses bras, Nathanaël observa l'adulte, il se souvenait de l'avoir vu. C'était un professeur venu une fois dans sa classe pour faire quelque chose dont il ne se souvenait plus. Et bien sûr, Nathanaël avait fait le pitre pendant toute la durée de son intervention. Raison de plus pour que l'homme s'énerve et le frappe. Le petit ruban rouge déglutit nerveusement et continua de trembler de peur. Il était redevenu le petit garçon sans défense d'il y a plusieurs années.
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MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Lun 27 Juil - 13:18

Ce gosse te rappelle tellement ton enfance, quand tout a basculé et que ton père a commencé à te frapper. Ce n'étaient pas simplement des coups, c'était de la douleur, des larmes, des cris, et surtout des souvenirs, ceux, horribles, de ta mère décédée. Et toi qui te désespérait que personne ne soit là pour t'entendre, pour voir la honte gravée sur ton visage, adieu dignité. Tu voulais juste un peu d'attention, pas celle morbide de ton père, tu voulais des câlins comme un enfant en mal d'amour, que quelqu'un te raconte une histoire avant de t'endormir comme ta mère faisait quand t'étais petit. Pourtant, après sa mort, ça c'est plus jamais arrivé. Les histoires, elles passaient par les coups de ceinture, elles t'apprenaient la douleur, elle t'expliquaient la souffrance et toi tu te sentais obligé d'encaisser, sans jamais rien dire à personne, parce que ça te faisait peur. Personne n'a jamais remarqué les longues traces rouges dans ton dos, et les tressaillements quand tu essayais de poser ton dos contre le dossier de ta chaise alors que ça faisait mal. Et quand tu t'es enfui de ta maison, tu te sentais enfin libre et soulagé, comme si on t'avait ôté tes chaînes et que tu pouvais enfin apprendre à voler. Toute cette douleur tapie en toi se lit alors dans tes yeux tandis que tu observes l'orphelin sur la table d'examen, essayant de se souvenir de son nom et de son âge. Nathanaël. C'est donc lui. On en entend beaucoup parler dans la salle des professeurs, et il faut dire qu'il en prend pour son grade. Mais en ce moment, tu oublies tous les préjugés que tu peux avoir sur lui, il paraît inoffensif et en proie avec son passé, tu sais le reconnaître quand tu vois un enfant comme toi. Tu paniques un peu quand il ne se souvient pas de la date, ça pourrait être normal, il a pu ne pas y faire attention, mais tu as quand même un gros pressentiment, un mauvais, et tu ne veux pas faire d'erreur. Tu te mords la lèvre en te demandant quoi faire d'autre, il faudrait appeler l'infirmier mais tu n'as pas très envie d'alerter du monde, d'autant que tu risques gros pour avoir détaché ce gosse de l'échafaud. Tu pousses une grande inspiration pour te calmer et noyer les vieux souvenirs d'autrefois, avant d'articuler. « On est le 23 juillet 1993. Le 23 juillet d'accord ? » Tu ne sais pas comment réagir, c'est un peu stupide de lui donner la date, ça n'avancera à rien. Et puis tu vois la peur dans ses yeux, la terreur même, et tu le regardes reculer, s'éloigner de toi comme si tu avais la peste. Tu comprends pourquoi, tu es grand et imposant alors ça doit lui rappeler son passé, mais tu fais comme si ça ne te blessait pas, au fond, comme si ça ne te faisait rien. Tu prends un ton très doux, différent de d'habitude, pour lui parler : « Ne t'en fais pas, je ne suis pas là pour te faire du mal. C'est Moor qui t'a fait ça, pas moi. Je comprends ta douleur, et je ne m'appliquerais pas autant à la faire disparaître si je voulais te frapper... » Tu prends un air désolé, tu ne peux pas faire grand-chose de plus. Nathanaël met ses mains devant son visage mais tu le laisses faire, s'il veut continuer de se faire peur il a raison, il se calmera quand il le voudra. Tu tires un tabouret à toi et t'assieds à côté du garçon, d'un air complètement pacifique, pour lui montrer qu'il n'a rien à craindre. « Maintenant on va parler. Qu'est-ce que Moor t'a fait exactement ? Dans les détails. Il faut que je sache tout. » Tu te doutes bien qu'elle lui a donné des coups de canne, ça arrive très souvent lorsqu'un orphelinat est puni, seulement voilà, tu as besoin de savoir la force avec laquelle elle a frappé et surtout le nombre de coups, pour pouvoir soigner ça au mieux si tu en as les moyens.
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Nathanaël White
MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Lun 27 Juil - 20:48

Le jeune garçon était totalement paniqué, dans son regard habituellement froid ou espiègle, on pouvait y lire une immense douleur mêlée à une peur intense. Il était comme dans les premiers mois de maltraitance. Où il espérait encore que son père allait se calmer ou alors que quelqu'un lui tendrait une main pour l'aider, pour le sortir du cercle vicieux de la peur, de la faim, de la douleur mais surtout de la honte. La honte d'avoir été sali par son père, de ne pas pouvoir se défendre, la honte d'être faible. Quand on voit ce gamin habituellement, on le déteste facilement, il était moqueur, violent et méchant. Pourtant, ce n'était qu'une carapace qui avait été forgée au fil du temps. En réalité, sous cette coquille, se cachait un enfant blessé et surtout apeuré du monde qui l'entourait. Personne n'avait jamais osé lever le petit doigt pour lui, les adultes se voilaient la face, ils ne voulaient pas voir la douleur du jeune Nathanaël. Celui-ci avait perdu confiance, pour lui, il ne pouvait faire confiance qu'à lui-même. Finalement, il a réussi à s'ouvrir et à faire confiance et à aimer des adultes.  Pour Nath, ce n'était pas des adultes comme les autres. William Crown et Taehyun Ryu, ses deux chers frères. Les deux personnes qu'il aimait le plus, les deux personnes qui ont réussi à lui faire sortir la tête de l'eau, qui ont réussi à l'aimer, tout simplement.

L'adulte l'extirpa de ses pensées en lui donnant la date. 23 juillet 1993, dans cinq jours, il allait avoir onze ans. Onze longues années qu'il vivait et un peu plus de six années, presque sept qu'il vivait un véritable enfer. Plusieurs années où il vivait entre la haine, les coups, les abus et la privation de nourriture. Et maintenant, cela faisait quelques mois qu'il vivait entre ces murs horribles. Le jeune enfant écouta simplement les mots de l'adulte. Celui-ci lui fit remarquer qu'il ne s’efforcerait pas à amoindrir la douleur du ruban rouge s'il voulait le frapper ensuite. Nathanaël haussa les épaules et laissa ses bras tomber le long de son corps. Son raisonnement ne tenait pas vraiment debout selon le petit garçon. C'est d'une voix basse et teintée de douleur qu'il fit une remarque à son tour.

« Soigner pour mieux frapper ensuite.»

Nathanaël observa l'adulte s'asseoir en face de lui, il ne semblait pas vouloir lui faire de mal, mais le jeune garçon ne se fiait plus aux apparences. Le jeune garçon était toujours autant paniqué au fond de lui, quant à son visage, il était toujours empli de douleur aussi bien physique qu’émotionnelle. L'adulte prit la parole pour encourager le petit garçon à parler de cette horreur, le jeune garçon se tourna vers lui et poussa un soupir résigné. Il n'avait plus le courage d'affronter quelqu'un. Il baissa le regard et essaya de se remémorer le moment où il était dans le bureau de Moor, entre ses griffes.  Nathanaël respira profondément, il devait rester calme pour que son explication soit compréhensible. Il ne devait pas perdre son sang-froid ni verser une larme. Le ruban rouge s'interdisait de pleurer devant un adulte. C'était donc une voix tremblante et mêlée de peur qui s'éleva dans la pièce, brisant le silence pesant entre les deux personnes.

« Caleb m'a traîné dans le bureau de Moor... Elle m'a engueulé. Mais je n'écoutais pas, vraiment pas. Elle s'est énervée... Puis elle a commencé à frapper, fort... J'avais mal... Mais je ne me souviens pas du nombre de coups ni du temps passé. Elle a frappé longtemps, trop longtemps... Je n'en pouvais plus, je voulais pleurer mais je ne pouvais pas lui faire ce plaisir... Alors elle a continué de frapper, voulant me faire craquer... Mais elle a arrêté et elle m'a attaché à l'échafaud... Elle a donné encore quelques coups puis elle est partie... Je... »

Nathanaël avait perdu, les larmes de douleur et de peur se mirent à couler le long de ses joues. Le corps du jeune ruban rouge tremblait, il était vraiment paniqué. La vieille directrice avait frappé un long moment le jeune garçon avec toute la force qu'elle avait. Comme si elle cherchait à détruire le garçon arrogant qu'elle avait alors sous les yeux. Le garçon qui avait levé les yeux au ciel quand elle l'engueulait, le garçon qui avait émit un petit son moqueur. Au final, elle avait à moitié réussit, Nathanaël était complètement bouleversé par les coups et les heures passées, enchaîné. Le ruban rouge pleurait devant un adulte, le ruban rouge avait craqué.
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MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Mar 28 Juil - 19:41

Tu regardes le garçon d'un air un peu désolé, tu ne sais pas trop quoi faire après tout, tu n'es pas infirmier et encore moins médecin, la situation te dépasse, et de loin. Tu réfléchis à ce que tu aurais aimé qu'on fasse si on t'avait retrouvé attaché à l'échafaud. Bah non. Y'a rien qui te vient, pour la simple et bonne raison que tu n'as jamais été attaché à ce truc. Tu pousses un long soupir et passe une main dans tes cheveux, la boule au ventre. T'as jamais été aussi nerveux, enfin rarement, à l'exception du jour où tu es parti de chez ton géniteur, le cœur bousillé et la tête en vrac, paumé comme pas possible. Mais aujourd'hui c'est fini, tu n'as plus rien à craindre. En revanche, l'histoire se répète, c'est un cercle vicieux, ce n'est peut-être plus ton tour, mais lui, Nathanaël, souffre, et t'as beau être un adulte, avoir l'air de tout savoir H24, ben en vrai t'es complètement largué, tu sais même pas quoi faire. Tu se frottes les mains, le regard rivé sur les poignets du gosse, rouges et boursouflés, ça doit faire un mal de chien et pourtant, de ce que tu connais des conneries de ce ruban rouge, impossible pour toi de compatir réellement à sa douleur. Tu l'as peut-être fait il y a quelques minutes mais maintenant tu te sens bête de l'avoir secouru comme ça, il souffrait mais il l'avait peut-être mérité... Au fond, tu ne sais même pas ce qu'il a fait comme bêtise et t'as même pas envie de le savoir, seulement voilà, parfois t'as besoin de donner toute ta pression à quelqu'un d'autre et pour le moment t'es une éponge saturée de tension. T'as besoin d'ouvrir les vannes, d'évacuer et pourtant t'y arrives pas, pas sur un gamin qui te ressemble autant. Tu l'écoutes raconter comment s'est passé sa visite chez Moor, tu compatis parce que toi aussi tu as déjà dû l'affronter, le jour de ton premier entretien, et elle a pas été vraiment à l'image de ce que tu te faisais d'elle... Tu l'imaginais sévère et cruelle, comme on te l'avait dit au village, mais en réalité elle était juste un peu instable à l'instar de ses sourires et de ses manières douces... Avant qu'elle ne révèle son véritable visage une fois que tu avais signé les papiers. Bref, tu trouves cette bonne femme insupportable et tu aimerais bien l'arrêter un jour ou l'autre. Seulement, pour le moment, tu es un simple professeur parmi tant d'autres et tu n'as pas intérêt à sortir du rang si tu tiens à ta vie. Tu sens que la directrice est capable de tout, du meilleur comme du pire. « D'accord, et... qu'est-ce que tu avais fait comme connerie pour t'attirer leurs foudres ? » Tu sais bien que ce gosse est prêt à tout pour faire chier son monde, les profs le disent tous, mais en ce moment t'essaies de se concentrer sur sa douleur et non sur ce qu'il a pu faire. Qu'il le mérite ou non, personne n'a le droit de battre un enfant, surtout sans défense. Tu as connu ça tellement bien, et l'histoire se reproduit encore et toujours, c'est un cycle éternel. Il y aura toujours des gens assez méchants et bas d'esprit qui oseront lever la main sur les enfants.
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Nathanaël White
MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Dim 2 Aoû - 2:05

Le jeune garçon remonta ses jambes contre lui et posa sa tête sur ses genoux. Il grimaça un peu quand il dut se pencher vers l'avant, son dos lui faisait souffrir, il avait été le plus touché par la folie des coups de la vieille directrice. Peut-être qu'à force de frapper, la peau du dos du jeune garçon avait finit par se déchirer. Personnellement, il s'en fichait, tout ça n'avait plus de signification pour lui. Les coups, il en avait déjà reçu un bon nombre. Le pire pour lui, c'était surtout les cicatrices qui ornaient maintenant le corps du plus jeune, les blessures qui ne disparaîtront pas. Qui lui rappelleront son passé, qu'il lui feront penser sans cesser à la maltraitance dont il a été victime. De toute façon, tout le monde s'en fiche. Qu'il soit maltraité, c'était presque normal vu son comportement. Mais personne ne comprenait que c'était la maltraitance qui avait engendré son changement d'attitude et non l'inverse. Et puis, c'était trop tard maintenant, Nathanaël était bien trop enfoncé pour remonter. Jamais, il ne serait comme les autres, jamais, il ne pourrait s'extasier sur un petit truc pourrie, comme un bébé par exemple. Nathanaël trouvait les adultes particulièrement diminués dans ces moments-là. Il ne comprenait pas qu'est ce qu'on pouvait trouver de si extraordinaire dans un gosse qui ne sait rien faire de ses journée à part pleurer, manger et dormir.

Nathanaël essuya les larmes qui roulaient encore sur ses joues pâles. Le petit garçon se fichait bien maintenant que ce professeur voit ou non ses larmes, de toute façon, il l'avait déjà vu dans une position de faiblesse et pas une petite. Le ruban rouge poussa un soupir, si ça se trouve, il allait le dire à tous les adultes de l'orphelinat et ils vont tous se moquer de lui. Non, Nath ne veut pas perdre sa dignité surtout pas auprès des adultes. Le White ne voulait en aucun cas perdre la face devant le personnel de l'orphelinat. Le jeune garçon baissa le regard sur ses poignets, il fit une petite grimace.  L'adulte lui demanda ce qu'il avait bien pu faire pour s'attirer les foudres des adultes, le jeune garçon baissa le regard vers le sol, tout ça allait lui retomber dessus. Tout  ça allait être de sa faute, de toute façon, pour les autres, on le battait toujours pour de bonnes raisons. Les autres ont toujours fonctionné ainsi à l'égard du jeune ruban rouge. Il avait l'habitude, il ne serait sûrement pas étonné de s'en prendre une après avoir expliquer ses conneries. C'est donc une voix lasse qui prit la parole, coupant ainsi le silence.

« J'ai été renvoyé de cours... Ce midi, j'ai déclenché une bataille de bouffe, j'ai donc été collé pour ce soir... Et... J'ai lancé un minuscule serpent inoffensif dans le dortoir des filles rubans verts.»

Nathanaël garda le regard baissé vers le sol, il espérait simplement que si l'adulte se décidait à le frapper, qu'il évite son dos qui lui faisait déjà assez mal. Le jeune ruban rouge avait l'impression d'avoir le dos en feu, ça le faisait souffrir. Et puis ses poignets n'étaient pas vraiment non plus dans un bon état. Sans compter les diverses autres petites plaies qu'il avait et le mal de crâne qui ne semblait pas s'atténuer. Le jeune garçon poussa un énième soupir et remonta ses jambes contre lui, il était particulièrement fatigué et bouleversé par les événements. Il posa ses bras sur ses genoux et la tête entre ses bras, il prit la parole d'une petite voix.

« De toute façon, vous allez me détester comme tout le monde.»
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MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Jeu 20 Aoû - 19:44

Tu baisses les yeux, songeur. Peu importe ce qu'il a fait au final, ce sont les conséquences plus importantes que tout. Qu'il ait effrayé un gosse, blessé un pion, ça tu t'en moques, parce qu'avant tout ça, ce comportement, il y a un être humain, aussi démoli que bousillé. Tu sais ce que ça fait de se sentir mis à l'écart et surtout incompris, tu connais cette sensation plus que personne, alors c'est un regard plein d'affection que tu poses sur le garçon. Il a l'air peu sûr de lui, mais dans ses yeux tu te revois, à son âge, à terre, le poids du monde pesant sur tes frêles épaules et la ceinture de ton père menaçant de s'abattre sur ton dos déjà douloureux. Et puis tes cris, tes larmes, qui évoquaient la chair et le sang. La rougeur du parquet de ta chambre, imbibé de ton sang depuis tant d'années. Tu secoues doucement la tête pour effacer ces images de ta tête et faire fuir les vieux démons du passé. Tu essaies de sourire doucement à Nathanaël, mais tu n'arrives qu'à paraître triste et démuni. Tu n'es pas équipé pour ce genre de situations ; tu n'en as pas l'habitude. Pourtant tu veux absolument lui venir en aide, empêcher un autre adulte de lui faire du mal. Il n'a pas besoin qu'on le frappe pour ses conneries, car ce n'est que l'élément qui déclenche son agitation au sein de l'orphelinat. Il fait d'ailleurs partie des élèves les plus dissidents du bâtiment, mais ce n'est pas une réputation si enviable que ça, au fond. En écoutant la voix faible du garçon, tu te dis qu'il a eu de la chance que tu aies été là, sans toi il serait peut-être encore à l'échafaud à l'heure qu'il est. Et puis tu repenses à Moor, elle doit être furieuse en ce moment. Si elle est intelligente, elle songera à passer à l'infirmerie, et là elle te chopera, alors tu préfères être prudent et éteindre le plafonnier, allumant au passage une petite veilleuse. Si elle ne voit pas de lumière, elle préférera peut-être faire demi-tour... On n'est jamais trop prudent. Tu regardes le gamin, tu ne sais plus quoi penser de lui. Il a l'air d'avoir mérité ces coups mais dans un même temps, il a dix ans à peine... Personne n'a le droit de lever la main sur un gosse, personne n'aurait même l'idée de le faire. Il a l'air si innocent assis sur la table, les larmes aux yeux, sans se soucier cette fois de paraître faible ou non. Parce qu'il l'est, forcément. Tu secoues la tête en riant nerveusement, lorsqu'il te dit, sûr de lui, que tu vas le détester à présent. Tu le regardes droit dans les yeux, sans aucune pointe d'animosité dans le regard. « Ne raconte pas n'importe quoi, Nathanaël. Je suis sûr que tu as beaucoup de raisons de te montrer aussi peu... coopératif avec le système en place. » Tu retentes un petit sourire, qui s'avère tout aussi désastreux que le premier. Tant pis, tu fais avec. Tu te redresses sur tes jambes, puis commence à faire les cent pas dans la petite pièce. Tu ne peux pas rester ici éternellement, mais si Moor croise le gamin alors qu'il est censé être attaché à l'échafaud, ça ne risque pas de lui plaire. Puis tu as une idée, et une bonne. Tu te retournes vers Nath, plein d'espoir. « Suis-moi, je t'emmène dans un endroit sûr jusqu'à la tombée de la nuit, histoire que personne ne te retrouve. » Tu fais un geste un peu encourageant, l'invitant à te rejoindre hors de la pièce, vérifiant au passage que la voie est libre. Tu comptes bien l'emmener dans ton appartement, hors de l'orphelinat.
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Nathanaël White
MessageSujet: Re: Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)   Sam 19 Sep - 14:41

Nathanaël ne se sent pas à sa place ici, il n'était vraiment pas bien, il regarda l'infirmerie avec peu d'assurance. Ce n'était pas un endroit dont il avait l'habitude d'aller, même s'il était blessé, il ne venait jamais ici. Dans le pire des cas, il s'adresse à William, Tae ou même Max, ce sont peut-être les adultes dont les personnes sont le moins proche mais... Nathanaël tenait énormément à eux, même s'il a dû mal à l'avouer pour le moment. De toute façon, il ne peut pas changer en un instant, il lui faut tout de même un minimum de temps. Nathanaël aimait bien parler avec eux, bien que c'était difficile de le faire. William ne venait pas souvent en cours, voire même très rarement. Alors Nath allait la plupart du temps le voir à son appart. Taehyun habite au village, Nath doit donc le rejoindre chez lui ou à son bar pour lui parler. Maximilien, c'était plus facile, Nath n'avait qu'à aller le voir au gymnase après l'un de ses cours pour lui parler. Ce n'était qu'avec eux que Nathanaël se sentait bien, à sa place. Un fin sourire vint prendre place sur les lèvres du ruban rouge à ses pensées, un sourire qui fana très vite. Nathanaël ne souriait jamais habituellement, surtout en présence d'inconnu. Il ne souriait qu'avec les trois personnes citées ci-dessus. Les autres, le peu de sourires qu'ils voyaient étaient des sourires faux, moqueurs, méchants, hostiles... Tous sauf gentil.

En ce moment même, il ressent de la reconnaissance envers cet adulte. Il était venu le détacher de l'échafaud après de longues heures dessus mais d'un autre côté. Cette action n’attisera-t-elle pas la colère de la vieille directrice ? Cette question ne cessait pas de tourner dans la tête du plus jeune depuis tout à l'heure. La punition qu'il avait reçue n'était pas vraiment pire des corrections que lui collait son père, loin de la même. Son père mélangeait la douleur avec l'humiliation pour mieux détruire son fils. Alors que sur l'échafaud, ce qui l'avait détruit et mis dans cet état était ses souvenirs. Il était attaché et blessé et cela faisait remonter de douloureux souvenirs dans l'esprit du jeune garçon. A onze ans, se battre contre des souvenirs douloureux n'est pas facile, mais Nathanaël en avait prit l'habitude. Il avait réussi à les enfermer dans un coin de son esprit, mais là, dans cette position de faiblesse, les souvenirs ont tous ressurgi d'un coup, comme des bêtes assoiffées de sang.

Nathanaël releva le regard et croisa celui de l'adulte, celui-ci avait un pauvre sourire aux lèvres, un sourire triste. Le jeune ruban rouge fronça les sourcils, il n'y était pas habitué. On ne lui souriait jamais, limite, on lui crachait à la figure. Nathanaël savait qu'il était un gamin insupportable, qu'un sale gamin. De toute façon, son père l'avait toujours insulté, de tout ce qu'il pouvait. Nathanaël se fichait de comment on le caractérisait maintenant, il avait déjà tout eux. Les mots durs et les insultes ne lui faisaient plus rien. Son père savait que la seule chose pouvant le faire plier était les coups et l'humiliation. Nathanaël s'était toujours dégoûté les rares fois où il s'était plié devant son paternel. Ces jours-là, la dignité du petit garçon en prenait un bon coup.

Le jeune garçon ne remarqua pas que l'adulte était partie éteindre la lumière pour ensuite allumer la veilleuse. Il était dans ses pensées, mais il en fut extirpé par la voix du professeur. Nathanaël haussa les épaules à sa remarque. Oui, il n'était pas très coopératif mais ses raisons, il ne pouvait pas les formuler à haute voix. Il ne savait pas comment expliquer la raison de ses actes, il était comme ça, point. Il n'y avait pas d'explication à tout ça. C'était sa nature d'être de se dresser contre les adultes, les règlements. C'était sa nature d'être de provoquer, de se battre. Il ne voulait pas changer, il était très bien sous sa carapace qui le protégeait des autres. Le professeur se tourna vers lui et le regardait avec une lueur d'espoir dans les yeux, Nathanaël se mordilla la lèvre quand celui-ci lui dit qu'il devait le suivre pour aller dans un endroit sûr. L'adulte lui fit signe de le suivre, Nath soupira et descendit, il chancela un peu. Il était mal en point mais surtout fatigué. Il suivit l'adulte sans se plaindre, les jambes tremblant. Il s'arrêta en plein milieu d'un couloir, un mauvais pressentiment naissant.

«On va où? Comment je peux vous faire confiance? Vous êtes un prof, vous êtes comme tous les autres!»
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Ne t'avait-on pas dit que le feu brûlait? (With Jay)

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