Forum RPG. 1994. L'île est détruite mais la vie doit poursuivre son cours. Bartholomew Moor reprend l'île en main pour le meilleur ou pour le pire ?
 
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 Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]

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MessageSujet: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Ven 9 Jan - 18:59

Théa vacille. Elle tente de s'agripper à la première chose qui lui vient sous la main, mais elle ne rencontre que le vide. Elle manque de tomber. Elle chute la tête la première. Elle n'éprouve rien, juste une terreur qui enfle, qui couvre tout, comme un cri, un hurlement. Elle se bouche les oreilles, mais un bourdonnement retentit dans sa tête. Théa manque de s'étouffer, bat des pieds pour retrouver le sol, pour stopper cet interminable plongeon qui ne semble pas avoir de fin.
BAM ! Elle heurte le sol et ouvre brutalement les yeux, l'air expulsé de ses poumons. Elle gémit lentement avec de relever la tête et de se frotter la cheville. Elle a dû se la fouler, ou quelque chose comme ça. Mais dans tous les cas, elle n'est pas vraiment fière de se retrouver entortillée dans ses draps au pied de son lit. Encore l'un de ses éternels cauchemars.
Elle tourne la tête et aperçoit Petite Théa assise sur son lit. Elle prend peur et geint alors que sa réplique plus jeune lui fait un clin d’œil. Encore choquée, Théa pousse un grand cri qui réveille la moitié du dortoir des filles. Théa tente de se relever, mais elle est trop emmêlée dans ses draps et met un bon bout de temps avant d'y parvenir. En larmes, elle se rue hors du dortoir sous les pouffements de ses camarades. Elle les déteste. Ô comme elle les déteste !

Théa court, elle s'arrête pas. Pieds nus, en chemise de nuit, elle commence à avoir froid, mais sa course la réchauffe un peu. Juste un peu. Elle a l'impression de se retrouver dans ces nuits d'hiver, où elle courrait dans sa grande maison d'Angleterre pour trouver une pièce où le feu était encore allumé après un éprouvant cauchemar.
Théa cherche la sortie. Elle tourne la tête, elle voit Petite Théa partout. Ses larmes redoublent, elle panique, elle se fiche complètement de réveiller tout l'orphelinat. Elle veut juste de la chaleur, et puis Abel aussi. Seul lui pourrait la réconforter dans un moment pareil. Il savait si bien le faire...
Elle trouve enfin la sortie. Elle est dans le hall, et il n'y a qu'à pousser ces portes... Théa se retrouve dehors ; elle a froid. Le soleil est apparu au bord de la ligne d'horizon, et dans quelques heures il sera complètement levé.
Alors Théa accélère, encore un peu. Elle referme le portail grinçant derrière elle et fonce sur le chemin qui conduit au village. Elle se demande comment elle peut pleurer autant à présent. La nature autour d'elle l'apaise, elle se sent calmée. Même si les larmes ne cessent pas de couler.
Théa déboule dans le square en haletant. Elle reprend son souffle, lentement, tout en s'asseyant sur un banc. Ici, c'est le seul endroit où elle se sent bien. Elle ferme les yeux et écoute les oiseaux qui se réveille, durant quelques minutes. Mais lorsqu'elle les rouvre, elle découvre Petite Théa assise à l'opposé du parc municipal, lui souriant. Une lueur malfaisante luit dans ses yeux. Petite Théa n'est pas réelle. Mais elle fait peur. Si peur que Théa éclate en sanglots violents de nouveau et cache ses yeux dans ses mains, désespérée. La folie a gagné depuis longtemps sur elle, mais c'est la première fois qu'elle se prend à regretter.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Ven 30 Jan - 19:54


Je fumais une cigarette appuyé sur la barrière du square, le regard perdu dans l'horizon. Je voyais la cendre tenir encore au bout comme désespérement, ne voulant pas s'écraser à terre et mourir. Comme ma vie, qui avancait de plus en plus vite vers la déchéance suprême, la fin irréversible. Et c'est seulement maintenant que je réalisais tout ce que cela impliquait réelement. En bien peu de temps je m'étais attaché à Nath, Tae, Lore et aux autres. Et ça me faisait peur. Je ne voulais pas changer mes projets. J'avais ajouté Nath dans mon testament. Il toucherait 20 000 dollars à sa majorité. J'y avais ajouté le numéro de mon cousin de 25 ans en Australie. Si il voulait toujours devenir un Crown je savais que personne ne lui apprendrait mieux qu'Alex tout ce qu'il faut faire et savoir pour être un véritable mercenaire. Toujours dans cette même optique, je lui avais égalemment laissé la clé de ma maison en Angleterre. Je savais que la salle d'entrainement lui plairait. Mais je n'étais malheureusement pas sûr que Nath deviendrait un homme responsable, calme et un peu moins... Enfin qu'il démarrait un peu moins au quart de tour. Mais je savais que Nath finirait par changer et que si tout cela n'était pas tout à fait achevé, Alex l'aiderait à devenir le meilleur mercenaire mais surtout le meilleur homme possible.

Je poussais un long soupir lorsque la cendre tomba. Mon destin était scellé depuis plus d'un an. Ma mort avait été programmée depuis que Lola avait rendu son dernier soupir entre mes bras. J'avais de plus en plus d'indices sur l'assasin. Je savais désormais que la meurtrière était une prof, ce qui avait fini de ne plus me faire aller en cours du tout excepté à celui de Beth. Je voulais que celle qui avait fait ça se sente menacée. Et elle ferait bien de se sentir menacée. C'est sûre que d'être battue à mort puis aspergée d'essence avant de se faire brûlée vive facon Jeanne d'Arc... Bon y a plus cool comme mort. Je n'aurais d'ailleur, souhaité ça à personne. A part à elle. Car c'était ainsi qu'elle avait achevé Théo et Lola. Elle méritait la même mort mais en pire... Oui elle le méritait amplement.

J'écrasais ma cigarette sur la barrière et observait l'horizon quelques instants encore avant de me retourner et d'être témoin d'une scène... Pas si incroyable que ça quand on est à l'orphelinat Moor chez les rubans blancs. J'avais souvent ressenti de la compassion pour cette fille schizophrène et, malheureseument, imcomprise par les autres. Je sais que Léandre l'a aidé mais j'ignore quelle relation ont ces deux-là.

Je la vois finalement éclatée en sanglots nerveux et je me décide enfin à réagir. Je me dirige vers Théa et m'assois à côté d'elle avant de la forcer à me regarder. Je lui prend une main et tente de la faire revenir à la réalitée :

"-Théa... Théa ! Calme toi, calme toi ! C'est William Crown je suis dans la classe des blancs avec toi. Je suis là ça va aller... Je te promet que ca va aller. Théa, regarde moi, calme toi... Ca va aller..."
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Lun 9 Fév - 16:21

Théa ne se sent plus pleurer. Elle a la tête qui bourdonne. C'est comme si ses mains et ses pieds ne lui appartiennent plus et qu'elle les cherche en vain. Elle est désorientée, perdue. Elle rouvre les yeux lorsqu'elle sent une présence. Elle ne distingue pas bien la personne à travers ses larmes. La voix est chaude et roule jusqu'à elle avec aisance. Ce n'est pas petite Théa.
Elle vacille, ouvre à demi la bouche, les yeux rond. C'est... c'est Abel ? Son Abel ? Elle secoue la tête ; ce n'est pas possible. Et pourtant il lui ressemble tellement. C'est lui.
Elle parvient elle-même à s'en persuader. Elle reprend son souffle. Il est là. Comme dans un rêve. Mais il est là. Et elle est bien.
Il lui prend la main. Abel faisait toujours ça ; alors maintenant, plus de doute. Elle soupire, se calme. Elle est apaisée. Elle est de retour à Londres, sur le perron de sa grande maison. Elle est aux côtés d'Abel. Ils rient. Ils sont heureux. Petite Théa n'est pas là, comme à présent.
Et Théa sourit presque à ces souvenirs.

Mais elle repère un détail. Un défaut. Quelque chose qui attire son oreille et qui la fait se braquer. Ce n'est pas Abel. Il n'a pas cette voix. Il n'a pas cette peau, ni cette gestuelle. Ce garçon-là est un menteur ! Imposteur, elle voudrait le crier. Mais elle n'y arrive pas. Elle n'arrive pas à être méchante avec les gens qui sont là pour elle.
Or ce garçon, il est là. Il lui tient la main. Et elle ne le connaît pas.
En proie à une grande interrogation, Théa se mord la lèvre. Elle s'écarte. On ne tient pas la main des gens qu'on ne connaît pas. On ne leur parle pas. C'est mal.
Mais si le garçon tente de l'apaiser, c'est peut-être qu'il la connaît, elle ? Ce n'est pas possible. Tous les orphelins qui la connaissent sont à l'orphelinat.
Sauf peut-être celui-là. Malgré ses yeux brouillés de larmes, elle distingue enfin le jeune homme qui se tient en face d'elle. Qui a pris une douce voix, la voix d'Abel, et qui l'a imité sans le faire exprès.
William Crown. Il se présente lui-même. Et elle le reconnaît. C'est bien lui.
Et dire qu'elle a failli le prendre dans ses bras en l'appelant Abel...

« Je... Désolée. Merci. »

Des paroles d’excuses, toujours les mêmes. Elle s'en veut à elle seulement, d'avoir été si naïve, d'avoir espéré secrètement que c'était son Abel qui venait la délivrer. Elle est ridicule, elle en est consciente, mais ce genre de situations lui arrive tous les jours.
Elle tourne la tête et aperçoit Petite Théa qui lui tire la langue. Elle se raidit. Petite Théa n'est pas là quand Théa est en public. Enfin, quand Théa interagis avec son public. Ce n'est pas la même chose.
Peut-être que Petite Théa n'a plus peur ? De toute façon elle n'en a aucune raison. William ne verra pas Petite Théa. Parce que Théa est folle. Et qu'elle est dingo.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Dim 8 Mar - 17:10


Je vois bien que Théa est troublée. Par quoi ? Mystère. C'est son jardin secret je ne me permettrais pas de lui demander qu'est ce qu'il y a, ça ne se fait pas. Et puis je l'aime bien cette fille, j'ai pas envie de la mettre mal à l'aise. Je lui souris doucement, rassuré de la voir revenir parmi nous. Je l'entends s'excuser et me remercier. S'excuser de quoi ? Elle n'a pas de raisons de s'excuser. Si je n'avais pas voulu l'aider, je ne l'aurais pas fait. Mais je me dis que si je peux aider un peu ceux qui m'entoure avant de partir c'est pas plus mal et ça coûte pas plus cher. Finalement je pousse un soupir en songeant que plus l'échéance se rapproche, plus je suis incertain quand à la bonne chose à faire. Ce n'est pourtant pas mon genre, moi qui ai toujours su ce que je voualis faire, certain de ce qui devait m'arriver et ce que je devais effectuer... Mais là l'hésitation se fait grandissante et... Ca m'énerve bien plus que je n'ose le dire. Finalement je réponds :

"-C'est rien. Ca va mieux ?"

Je n'aimerais pas qu'elle me dise que ça va pour me rassurer et qu'elle me congédie si c'est pour refaire une crise dans quelques instants. Je ne connais pas vraiment la schizophrénie mais je sais qu'il y a plusieurs déclinaisons. Laquelle atteint Théa ? Je l'ignore mais j'ai envie de l'aider. Elle me fait... Pas pitié mais elle me fait de la peine et j'ai beaucoup de compassion pour elle car je me doute que ça ne doit pas être facile à vivre au quotidien. Le regard des autres, les moqueries... Même si on enlevait la maladie, ça serait horrible à vivre. Je hais les gens qui se moquent sans savoir ce que c'est, ce qui se passe. Pour moi, ils ne sont que d'immondes monstres, prêt à martyriser le premier venu pour se sentir fort et dominant et masquer un fort manque de confiance en soi. Ils sont presque à plaindre. Mais avec ce qu'ils font ca m'ôte toute envie de compatir. Je préfére donner ma compassion aux gens qui la mérite et qui en ont besoin comme cette jeune fille recroquevillée sur son banc devant moi.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Ven 13 Mar - 20:47

Théa retient ses larmes. Elle ne veut plus pleurer. Paraître faible. L'être surtout. Elle ne veut plus de cette vie qui lui offre dérision et souffrance, elle ne veut plus des mots acides des autres et du souvenir d'Abel qui la hante plus furieusement que jamais. Elle veut pouvoir oublier ça d'un coup de reins, juste le temps d'avaler un bonbon aux couleurs de la vie. Qu'il explose dans la bouche, bourré de colorant, bourré de sucre. Mais bourré de bonheur aussi.
Le bonheur elle ne l'a jamais connu que dans les bras d'Abel, alors qu'est-ce qui pourrait la rendre heureuse dans cette vie ? Elle a tant envie d'essayer, comme quand on fait du shopping, d'enfiler des milliers de robes et de tops magnifiques, puis de faire son choix finalement, durement, mais inexorablement. La vie c'est un peu ça ; c'est faire les boutiques et choisir entre plusieurs voies, s'ouvrir des portes et en fermer d'autres à coups de pied. Mais ce qui est bien aussi avec le destin, c'est qu'on peut le manipuler, le rendre malléable et en faire sa vie. Le destin n'est pas une vie mais le destin. Alors que si... si on lui rend sa bouffée d'éclats qui lui manque, si on le taille dans la roche comme on se taillade les veines, alors là il devient la vie.
Et Théa veut goûter ça.

Mais Théa les hait. Tous les autres, y compris William. William, Léandre... tous ces gens qui font mine, qui font semblant d'être là, mais qui sont absents. Ils ont juste de la peine. Juste. Sans ça ils partiraient. Et c'est déjà ce qu'est en train de faire Leah. Il en a marre, alors il part. Délivrance. Pas pour Théa. Elle elle subit les humeurs des autres, façonnant la sienne à partir de ses ressentis. À partir de ses altercations avec Petite Théa. Et elle déteste ça.
Elle déteste devoir aimer les autres, les gens qui sont gentils, elle déteste les traiter avec respect alors qu'ils lui plantent des couteaux dans le dos, elle déteste devoir se faire entendre alors qu'elle n'a plus envie de parler. Elle déteste tout ça parce que c'est pas une vie. Ni même le destin. C'est une roue, qui tourne, prête à crever à la moindre occasion, au moins clou sur la route.
« Non, ça va pas mieux. Ça ira jamais mieux... » Elle le regarde, désespérée. Elle voudrait bien croire qu'il est Abel, elle voudrait pouvoir le prendre dans ses bras et se sentir aussitôt apaisée. Sauf qu'elle ne peut pas, qu'elle n'est pas chez elle, et que ce n'est pas son meilleur ami qui se tient devant elle. « Comment tu fais ? Comment tu fais pour me supporter alors que tout l'orphelinat serait déjà parti en courant ? »
La question est légitime, après tout, et Théa attend une réponse claire et nette. Concise. Sans aucun préambule ni hésitation. Après tout, si William est sincère, elle le verra bien.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Ven 17 Avr - 19:13


Ma question était conne et pas vraiment appropriée. Je l'ai compris à la seconde où j'ai fermé la bouche. Et je comprends tout à fait la réponse de Théa parce que j'aurais fourni la même. Moi aussi j'aurais été clair, concis, honnête et même tranchant. J'entends Théa poser une nouvelle question et ma bouche s'ouvre d'elle-même pour répondre :

"-Parce que je préfère essayer d'aider ce qui en ont besoin plutôt que de fuir. Je ne veux pas me voiler la face et partir en me disant que j'aurais rien fait pour aider mon entourage. Même si je connais pas bien les gens. Ceux qui te fuit sont des imbéciles qui ne pensent qu'à eux-mêmes."

Je la fixais dans les yeux en disant ma tirade. Chaque mot que je viens de prononcer, je le pense. Il n'y a pas d'intérêt à vivre uniquement pour soi. Le but de chacun sur terre est de faire un minimum le bien avant de partir vers les étoiles. Quelque part c'est aussi une certaine forme d'égoïsme afin de se dire au moment de mourir, qu'on a pas servit à rien. Qu'on a aidé quelqu'un. Sûrement pour se sentir moins lourd par rapport au mal qu'on a pu faire à certaines personnes. Oui, c'est égoïste. Mais là je ne pensais qu'à l'aider vraiment. Parce qu'elle ne pouvait que s'attirer ma compassion. Parce qu'elle me rappelait aussi la petite brune qui logeait dans mon appartement pour quelques mois avec son frère et qui faisait des crises où elle ne voyait plus qui l'entourait, ni où elle était, et qui était persuadée d'être abandonnée toute seule dans un monde froid et dur. Il y avait, finalement, quelques ressemblances entre Meredith et Théa au-delà de leurs couleurs de cheveux quelque peu semblable.

Je voulu lui prendre la main pour lui témoigner mon soutien mais je n'osais pas, n'arrivant pas à prévoir sa réaction. J'ignorais si elle acceptait mon aide et je ne voulais pas qu'elle se sente agressée ou autre. Avec Loreleï, Max, Nath, Tae ou autres je n'aurais pas hésité les connaissant assez pour savoir un peu près ce dont ils avaient besoin dans différentes situations. Mais je ne connaissais presque pas la ruban blanc en face de moi. Je lui avais rarement parlé n'ayant jamais trouvé une vraie occasion.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Ven 1 Mai - 19:07

Théa est mal aimée. Comme ces sans-papier, ces étrangers, ceux qu'on rejette, ceux qu'on insulte. Elle est de ceux qui n'ont pas une vie passionnante, une vie bien. Théa elle fait partie des pas comme il faut. Oui. Ceux-là.
Théa elle suit son chemin, à des kilomètres des autres, avec ceux qui avancent difficilement, qui suent et qui n'ont même pas de mouchoir pour s'essuyer le front. Elle marche avec ceux qui savent ce que c'est le vrai courage, la vraie vie, qui ont tout vu, tout vécu. Pas ceux qui font semblant. Qui disent sans aucune modestie qu'ils ont fait le tour du monde, qu'ils ont vu des gens crever sous leurs yeux. Qu'ils ont tué même.
Ça arrive. Ça arrivera toujours. Après tout il faut de tout pour faire un monde.
Mais pour Théa ça ne marche pas comme ça. Rien n'est une question d'honneur, de mérite. Elle ne joue pas avec les règles des autres. Elle invente ses propres lois à chaque pas. Et quand elle tombe, elle met un point d'honneur à toujours se relever.
Alors ce n'est pas le discours prémâché de William qui fait toute la différence. Ce n'est pas son regard qui l'aide à lever la tête. Ce n'est pas la fierté qui la guide à travers les mots qui lui vrillent les veines. C'est Théa.
Théa est vivante. Théa est vie. Théa resplendit et pourtant elle se cache.
Se laisser abattre, c'est pour les faibles. Tous ceux là-bas qui grimpent ensemble la montagne en disant « ce n'est rien, on va y arriver ». Les faibles. Alors que les braves ce sont ceux qui au contraire s'exclament tout en bas « c'est trop dur, je vais craquer » mais qui à l'arrivée, s'écrient « merci ». Parce qu'ils ont eu le courage et la volonté d'arriver en haut. Avant les autres.
Toujours avant.

« Alors c'est trop tard. Vas-y, dégage si tu en as envie. Ton image. Ta réputation. Elle est foutue si les autres te voient. Alors, ok, va-t-en. Va-t-en ! T'es pas comme moi. Personne est comme moi. Il faut s'y faire. »
Il faut toujours s'y faire, ajoute-t-elle silencieusement. Elle ne l'aime pas. Elle n'aime personne.
Théa c'est un cœur qui palpite. Et qui s'arrête. Mais qui repart, toujours.
Et quand elle meurt, quand elle souffre, ça fait comme un interrupteur. Clic, Théa est là. Clic, elle n'est plus là. Un interrupteur à usage unique. Pas de clic, Théa re-là.
Théa plus jamais là.
Plus jamais.
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MessageSujet: Re: Et c'est en souriant qu'on devient fou [William]   Lun 6 Juil - 16:49


Je me sortais une nouvelle clope et me remis à fumer. Putain qu'est ce que j'en avais besoin. Je fixais le ciel sans le voir. J'étais perdu dans mes pensées. Je n'entendais plus rien. Ni la voix agressive de Théa. Ni le bourdonnement des insectes. Ni même le battement de mon cœur. Juste le vacarme incessant de mes pensées qui s'entrechoquaient dans un fracas infernal. Tout s'emmêlait dans mon cerveau. Lola. Meredith. Ethan. Théo. Nath. Tae. Max. Lore. Et tout le reste. Je fermais les yeux espérant évacuer ce trop-plein. Trop plein de tout. De sentiments. De pensées. De souvenirs. Mais, dès que mes paupières furent closes, ce ne fut pas le noir, calme et réconfortant qui prit place devant mes yeux mais de longues langues orangées et destructrices. Un incendie. Et pas n'importe lequel. Celui qui avait couté la vie à Lola et Théo. Je me revoyais, dans cette grange, Théo nous hurlant de fuir. Lola qui marchait à toute vitesse devant moi, le visage ravagé par les larmes. Moi lui disant que tout irait bien on allait sortir de là et on vengerait Théo. Puis le craquement sinistre. Lola et moi n'en tenant pas compte. Et soudain... La poutre enflammée. Tout droit sur ma sœur. Moi, refusant d'y croire. Moi, la trainant dehors. Elle, agonisante entre mes bras. Moi, hurlant mon désespoir au ciel dans un long cri. Elle, expulsant son dernier souffle en me regardant dans les yeux un léger sourire aux lèvres. Un sourire qui me hurlait de vivre, d'être heureux et que lorsque la mort arriverait, de l'accueillir comme une amie. Mais cela m'était impossible. Mon âme sombra dans les abysses en même temps que la mort m'arrachait ma sœur. Ma jumelle. Ma brunette. Ma vie.

Je sentis la rage m'envahir le cœur à nouveau. Je retrouverais cette connasse et elle allait crever comme un chien galeux qu'on balance dans une rivière et qu'on bombarde de pierres. Oui, c'était du sadisme. Oui, c'était ignoble. Oui, je m'en foutais. J'en avais rien à battre. Absolument rien. Je parlais sans m'en apercevoir toujours plongé dans mes rêves de vengeance et mes souvenirs avec ma sœur :

"-J'en ai rien à battre de cette putain d'image. Je m'en fous complet. Je reste parce que tu me rappelle Meredith et que je ne pourrais pas me pointer devant ma sœur après avoir passé l'arme à gauche et me faire engueuler parce que j'aurais rien fait si ce n'est rechercher la vengeance. Je reste parce que tu l'ouvre pas pour rien dire pas comme toutes ces pouffiasses à Moor. Je reste parce que je fais bien ce que je veux et que ce parc est à tout le monde. Je reste parce que j'ai juste besoin de me souvenirs sans qu'on vienne me faire chier. Et pour finir je reste parce que tu m'intrigues. Ça te va ?"

J'avais débité tout ça les avant bras sur mes jambes et ma tête baissé vers mes pieds, assis sur le dossier du banc. Mes yeux étaient dans le vague. Je n'étais plus dans un parc en Nouvelle-Zelande. J'étais dans une maison en Angleterre. Une maison que j'aimais plus que tout. Une maison qui me faisait souffrir le martyr et me hurlait que je n'étais qu'un incapable de pas avoir su les protéger. Ma maison. Mon monde. Mes souvenirs.
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