Forum RPG. 1994. L'île est détruite mais la vie doit poursuivre son cours. Bartholomew Moor reprend l'île en main pour le meilleur ou pour le pire ?
 
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 Intra muros. [Loreleï]

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MessageSujet: Intra muros. [Loreleï]   Dim 2 Nov - 1:15

Marlene se sentait seule au monde. Oui, elle était bien seule au milieu de nul part. Elle dévalait l'inconnu trop vite à son goût, beaucoup trop vite. Elle n'aimait pas cette sensation de vide, de flottement autour d'elle, elle n'aimait pas non plus fixer son ventre en se disant qu'il allait grossir à cause d'une vie non-désirée. Et elle était complètement perdue. Les paroles de l'infirmier avaient tout retourné en elle, elle se sentait prête à se confesser à Léandre mais en même temps elle avait si peur de sa réaction. Il y avait Loreleï aussi, mais elle ne savait plus vraiment à qui faire confiance et cela la rongeait.

Elle n'avait sûrement jamais autant douté de sa vie. Elle ne cessait de se remettre en question depuis  sa visite à l'infirmerie, remettre Leah en question aussi. Il était gentil, il avait un cœur d'or, mais il allait se sentir tellement coupable. Marly refusait de devoir regarder son visage arborer tant d'expressions, le voir culpabiliser. Elle se voyait mal, aussi, annoncer à Moor qu'elle était enceinte et qu'elle devait quitter l'orphelinat, seule ou avec le garçon. Et elle savait que les rumeurs couraient vite ici, et qu'on ne manquerait pas de parler d'eux. Violet serait toujours non loin. Marlene ne voulait pas vivre dans le village à proximité du lieu où elle avait passé sa vie et qu'elle avait toujours rêvé de quitter.

Elle ne se sentait pas prête, pas du tout même. Elle n'avait jamais pensé que sa vie puisse passer si vite du rêve au cauchemar. Il y a quelques jours, elle était encore une jeune fille insouciante, qui filait l'amour parfait avec un garçon parfait. Et cela s'était dégradé. Pas comme elle l'aurait voulu, ou comme elle ne l'aurait pas voulu, mais de manière tout à fait inattendue. La surprise l'avait attendue au coin de la rue et elle n'en revenait toujours pas. Elle avait juste une boule dans la gorge et une amère envie de pleurer.

Marlene avait l'impression qu'on lui touillait l'estomac avec une petite cuillère. Elle se sentait si mal ! Elle n'avait jamais ressenti le besoin express de se confier à quelqu'un de toute sa vie. Il n'y avait que Loreleï à qui elle pouvait parler sans ressentir trop de honte. Léandre, pour l'instant, c'était impossible. Alors elle se rendait au grenier dès qu'elle le pouvait, se roulant en boule pour chercher une solution à son problème durant des heures, comme si ça allait l'aider à y voir plus clair. Oh, bien sûr elle aurait mieux fait d'aller voir l’infirmier. Mais elle se sentait trop lasse pour l'affronter de nouveau, elle ne se sentait pas à l'aise avec un adulte.

Il n'y avait jamais personne, au grenier. Enfin si, une fois, mais elle avait attendu que l'on quitte les lieux pour s'y installer. Elle avait même un matelas qu'elle avait trouvé tout au fond. Elle ne voyait Leah qu'aux repas et aux cours, et encore, elle évitait toujours son regard. Ils continuaient à avoir des contacts physiques ; ils s'embrassaient, se tenaient la main, ça n'était pas le problème, mais Marlene sentait comme une toile, un filin invisible mais féroce se glisser entre eux et les séparer. Cela l'inquiétait mais entre tous ses soucis et ses doutes, cela paraissait bien petit comme problème.

La jeune fille sursauta et releva la tête, les joues mouillées de larmes. Cela devait faire quelques minutes qu'elle sanglotait sans pouvoir s'arrêter, mais elle était certaine d'avoir entendu un grincement autour d'elle. Elle jeta un coup d’œil à la trappe qui menait aux étages inférieurs et son corps se crispa tout entier lorsqu'elle la vit s'ouvrir pour laisser entrer quelqu'un. Ce quelqu'un referma la trappe derrière lui. Marly ne reconnut pas la silhouette qui se dressait à quelques mètres d'elle, elle avait encore le crâne bourdonnant et une larme qui terminait de dévaler sa joue.

« C'est qui ? »

Sa voix n'était qu'un souffle mais elle n'en pensait pas un mot. Elle avait envie de crier, de faire partir cette personne d'ici, elle voulait être seule... Avant de reconnaître Loreleï.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Lun 3 Nov - 20:01


Je soupirais. Je venais de rentrer d'une section d'entrainement intensif. Max n'avait pas uniquement que des mauvais côtés. Il savait que la danse était plus importante que tout pour moi. Alors, utilisant un de nos anciens signes, il avait laissé le gymnase ouvert. Et même si ça n'enlevait rien à ce qu'il avait fait... Ça m'avait du baume au cœur. Pendant quelques instants j'avais eu l'impression de retomber en enfance avec mon gentil grand frère qui prenait soin de moi. Puis je m'étais finalement souvenue de où et qui j'étais. Et j'étais entrée dans le gymnase sans préambule, claquant les portes derrière moi.

Et j'étais maintenant sortie du gymnase après plus de trois heures à m'évader dans les pas et la musique. A oublier mes tourments et mes problèmes. Mais il était arrivé un temps où j’avais du enlever collants, justaucorps et chaussons de pointes pour revenir à ma vie. Oui, pas de tutus. Je m'en sers seulement lorsque je connais par cœur une chorégraphie. Avant je m'en servais pour les cours dits "importants" de l'année. Et pour la fin d'année j'avais un costume. Mais aujourd'hui plus rien n'est pareil. Plus rien ne sera jamais pareil. Finalement je me dirige vers le dortoir et vérifie qu'il n'y a personne avant de planquer mes CDs, mes affaires de danse et mon lecteur CD dans la seule valise verrouillée par un code et un cadenas. Hors de questions que quelqu'un me pique mes affaires ou même découvre mon secret. J'ai défendu Lou-Ann de dire à qui que ce soit que je fais de la danse. C'est et ça restera mon secret seulement connu de ma famille, Marlene (parce que je lui dis TOUT) et de mes anciens profs et camarades de danse. La danse c'est mon refuge et il est hors de question que quelqu'un y touche.

Une fois assurée que tout est bien planqué je ressors du dortoir et me met en quête de celle que je considère comme ma meilleure amie. J'ai juste envie de lui parler comme ça lui arrive et comme ça m'arrive parfois. Finalement au bout de 45 minutes à retourner tout l'orphelinat pour retrouver la blonde j'ai (enfin) un éclair de génie. Le grenier !

Je m'y précipite en quatrième vitesse mais ouvre, malgré tout, délicatement la trappe. Je referme la trappe doucement et jette un coup d’œil à la pénombre environnante avant d'entendre Marly demandait d'une petite voix qui c'est. Je me tourne vers elle et suis choquée quelques instants. Ma meilleure amie, si forte en toute circonstances, se trouve assise, appuyée contre un mur les joues toutes rouges et mouillées de larmes. Je me précipite vers elle mais n'aillant pas vu la chaise devant moi à cause du manque de luminosité je me cognais le gros orteil avant de littéralement me vautrée par terre les quatre fers en l'air. Je me relevais en vitesse sautillant sur un pied mon gros orteil gauche me faisant un mal de chien. Je parvins finalement face a Marly et m'assis face à ma meilleure amie :

"-Marly ? Qu'est ce qui se passe ? Ça va pas ? Marly réponds moi..."
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mar 4 Nov - 0:51

Marlene soupira. Elle aurait aimé être seule, malgré Loreleï. Elle n'aimait bien, beaucoup même, elle pouvait même la considérer comme sa meilleure amie, mais là elle n'était pas vraiment d'humeur à parler de ses problèmes. Elle savait que la jeune fille ne risquait pas de tout rapporter à quelqu'un, mais elle n'était sûre de rien ici, elle avait toujours appris à se méfier des autres et à ne se fier qu'à elle-même. Depuis sa naissance elle agissait ainsi, depuis qu'elle était à l'orphelinat aussi, pourquoi cela changerait ?

Il y avait des tas de questions dont elle n'aurait jamais la réponse. Elle pouvait aller voir l'infirmier, mais elle voulait les trouver par elle-même. Et comme elle était aussi motivée qu'un chou-fleur bouilli, cela ne serait pas très concluant. Il fallait trouver autre chose. Peut-être que si elle en parlait à Lore, elle se sentirait mieux, vidée, après ? Elle pourrait recevoir des conseils, aussi. Cela valait toujours d'essayer, elle se sentait trop mal pour tout garder pour elle. Ça ne se faisait pas, surtout en présence de sa seule et unique amie à l'orphelinat.

Marlene se mordit la lève lorsque Loreleï se prit une chaise et grimaça de douleur. Elle n'osa pas ouvrir la bouche de peur de sortir une connerie et laissa un petit silence s'installer. Elle avait mal pour elle, mais elle avait aussi ses propres soucis, bien plus grave qu'une lésion à l'orteil. Et elle n'en revenait toujours pas. Pour elle ce qui lui arrivait était inconcevable, elle ne comprenait pas comment son corps allait pouvoir se transformer, ce qui allait lui arriver exactement, les envies folles qu'elle allait tester et surtout les douleurs de l'enfantement, ce qu'elle voulait à tout prix. Si elle avortait tout de suite, elle éviterait les hormones, et tout le tralala, donc bien des soucis en moins. C'était à prendre ou à laisser.

« Tu devineras jamais ce qui m'arrive... » souffla-t-elle du bout des lèvres après un moment de silence.

Elle rejeta la tête en arrière et ferma les yeux, elle se sentait si mal et elle avait une grosse boule dans le ventre. C'était décidé, elle allait se confier à Loreleï, quoi qu'elle dire et quoi qu'elle pense, parce qu'elle en avait plus que besoin. Cela ne serait que mieux pour aller en parler à Léandre. De toute façon, il valait mieux que ça soit son amie au courant que l'orphelinat entier. Elle avait au moins confiance en elle. Elle prit une grande inspiration, plus le moment des révélations approchait, plus elle avait envie de se taire et de tout garder pour elle. Elle avait tellement peur de la réaction des autres, ça n'était pas commun à l'orphelinat et ça ne le serait sans doute jamais. On devinerait ce qu'elle avait fait le matin où elle était restée introuvable, quant à Leah il serait dans la même situation. Il fallait trouver une solution au plus vite.

« Dis-moi que tu ne vas pas me juger », supplia-t-elle. « Promets-le. »

C'était indispensable, Marlene en avait besoin, de ce contrat de confiance, malgré leur solide amitié. Elle ferma les yeux de nouveau et laissa un long soupira s'échapper de ses lèvres, puis elle rebaissa le regard vers Lore. Elle avait tellement honte, honte d'elle-même et de cet enfant qui grandissait clandestinement, hors de la vue de tous. Elle n'en était qu'aux premières semaines mais bientôt ses formes se verraient de loin, cela serait encore plus dur à supporter. Il fallait faire quelque chose, et vite.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mer 12 Nov - 18:31


La jugée ? Comment aurais-je pu ? Marlène m'avait soutenu depuis mon arrivée ici, elle s'était confiée à moi et réciproquement. Elle savait tout de moi. Ou presque tout. Elle ignorait pourquoi je portais le même nom de famille que notre cher prof de sport. C'est ironique bien sûr. Ma haine envers Max n'a pas baissée. Je pris les mains de ma meilleure amie dans les miennes. Elles étaient brûlantes. Finalement une idée me vint en tête :

"-Je ne te jugerais jamais Marlène. Jamais. Et comme preuve de confiance après je t'expliquerais pourquoi notre "cher" professeur de sport porte mon nom de famille et celui de Lou-Ann."

Je m'assis contre le mur aux côtés de ma meilleure amie et passait un bras autour de ses épaules. Je serais toujours là pour elle et je voulais qu'elle le sache. Je lui souris, réconfortante. J'ignorais ce qu'elle avait à me dire mais cela avait l'air grave. Je ne l'avais jamais vu hésité autant.Ce n'était absolument pas son style. Elle préférait dire les choses comme elles étaient. Je ne la connaissais, certes, pas très bien mais j'avais appris à la cernée et plutôt rapidement. Il faut dire qu'on se ressemblait. Dans les façades nous étions opposées mais au fond nous étions très semblables. Nous n'avions pas confiance en nous, nous étions des grandes gueules lorsque le besoin ce faisait sentir... Et nous nous vengions avec assez de ruse. Pas pour les mêmes raisons (enfin presque) mais nous étions vraiment semblables. Je comprenais toujours ce qu'elle voulait me dire même quand ses phrases étaient étranges et inversement. Nous nous comprenions facilement. Nous étions des confidentes. Des amies. Parfois même des sœurs...
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Dim 16 Nov - 16:23

Marlene poussa un soupir inaudible. Elle avait même peur de ses propres amis, elle se sentait grugée. Passant une main sur son visage, elle se mit à songer qu'elle était vraiment indigne pour penser que Loreleï et Léandre lui tourneraient le dos. Il fallait être con pour penser des choses pareilles alors qu'elle les connaissait assez bien pour croire qu'ils ne le feraient pas ! Si elle avait trompé Leah, là elle aurait compris qu'il ne veuille plus d'elle. Mais dans le cas présent, il était certain que le bébé était le fruit de leur amour. Impossible autrement. Il n'y avait aucun scénario possible hormis celui-là.

Lore lui proposa donc un marché. Cela lui paraissait honnête, mais Marly prit le temps de peser le pour et le contre. Il est vrai qu'elle n'avait jamais cherché à comprendre pourquoi le prof de sport, Lou Ann et Loreleï portaient le même nom. Elle avait cru que ce n'était que le hasard, elle ne s'était pas penchée plus que ça sur le sujet. Au bout d'un moment, c'était même devenu normal. Mais maintenant que son amie lui proposait de tout lui révéler, le mystère semblait encore plus grand qu'elle ne l'avait imaginé. Et cette curiosité, Lore allait l'étancher.

« D'accord... » murmura-t-elle.

Elle prit une grande inspiration. Son aveu lui coûtait, mais la perspective même de devoir mentir à son amie lui donna un coup de fouet. Elle devait lui raconter, tout. C'était indispensable et ça ne ferait que les rapprocher. Et elle tenait trop à elle pour la perdre d'une manière aussi futile. Prise par le désespoir, elle n'avait que ça à faire et plus rien à perdre. Elle serra les poings, gravant quatre croissants de lune dans ses paumes. Marlene soupira une dernière fois avant de se lancer dans le grand plongeon.

« Tu te souviens de la matinée où j'étais introuvable ? Je t'avais dit que je m'étais sentie mal et que j'étais allée faire un tour. En fait... En fait j'étais avec Léandre. » Elle baissa la tête, le plus facile était dit. Puis elle releva les yeux pour les planter dans ceux de Loreleï, sans ciller une seule fois. « Et depuis j'ai appris que j'étais enceinte. »

Ça n'était pas la manière la plus pratique de le dire, mais elle se sentait soudain vidée d'un gros poids. Peu importe la réaction de Lore, elle culpabilisait et c'était une punition suffisante. Elle ferma les yeux et sentit les larmes se presser derrière les paupières. Elle venait de lâcher une bombe ; son amie n'allait pas en revenir. Enfin, c'était aussi assez prévisible de la part de Marlene. Cette mascarade, ce mensonge, ne pesaient plus, au moins.

« Si tu savais... je m'en veux tellement. Il n'est même pas au courant. Je sais plus quoi faire... »

Il. Léandre bien sûr. Elle se demandait comment il réagirait. Elle avait envie de pleurer, encore une fois, de laisser sa peine vider son cœur, mais même si elle la laissait s'échapper, elle revenait toujours. Ce que la peine défait, la colère le reconstruit. Elle ne savait plus. Marlene était perdue.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Dim 30 Nov - 21:27


J'arrondis les yeux. Marlène enceinte ? Wouah... Ça c'était assez impressionnant. Je ne m'y attendais pas vraiment. Un mélange de Marlène et Léandre ça allait être... Explosif ! Je souris. C'était une bonne nouvelle malgré tout. Je savais que Léandre aimait sincèrement Marlène et inversement. Ça me faisait penser à la drôle de ressemblance qui liait ma meilleure amie et une petite ruban jaune que j'avais croisée dans les couloirs. Et bien ! J'avais hâte de voir la suite de tout ça. Quand à savoir quoi faire... J'avais la réponse toute prête :

"-Relève la tête Marlène ! Avoir un enfant est une expérience fantastique. Puis un mélange de toi et Léandre ça va être explosif ! Quand à savoir ce que tu dois faire... Tout d'abord en parler à Léandre. Puis vous chercher une petite maison ou un appart dans le village. Ou plus loin si vous voulez vous casser d'ici. Et ensuite t'en parleras à Moor. Mais pas tout de suite. Seulement quand vous serez sûrs et certains de pouvoir partir sans risque c'est à dire avec de quoi être logés, nourris etc. Puis tu sais je connais pas beaucoup Léandre mais ça m'a l'air d'être quelqu'un d'honnête et qui ne se dérobe pas sous les responsabilités. Même si il n'est pas très content (mais je pense qu'il sera plutôt heureux) il ne t'abandonnera pas ni toi, ni le bébé. Puis tu sais que tu peux compter sur moi."

Je lui souris. Malgré le fait qu'elle ne semble pas très contente et assez perdue moi j'étais heureuse pour elle.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mar 2 Déc - 23:25

Marlene se mordait l'intérieur de la joue, elle se fichait du goût métallique propre au sang qu'elle sentait contre sa langue, elle voulait juste un défouloir, pouvoir s'acharner, se faire mal, pour lutter contre elle-même et ses pensées horribles. Elle se sentait égoïste, orgueilleuse, toutes ces heures passées à pleurer son sort dans le grenier l'avaient confortée, bercée d'illusions. Elle avait délaissé Léandre, elle l'avait abandonné en bas, avec les autres, et elle en avait honte à présent, il ne méritait pas ça, elle n'était qu'une pauvre gamine sans maturité. Elle se sentait si mal, elle aurait voulu être quelqu'un d'autre, ne pas avoir cette vie en elle, les responsabilités que ça lui incomberait, le fait que Leah n'était pas encore au courant ; comme si le poids du monde reposait principalement sur ses épaules.

Elle déglutit difficilement, peu à peu les paroles de Lore l'apaisèrent, elle semblait juste choquée, pas effrayée ou en colère ni même haineuse : juste à l'image d'une vraie amie. Et cela lui faisait chaud au cœur. Les larmes se remirent à couler silencieusement sur les joues de Marlene, elle était tellement rassurée d'avoir Loreleï à ses côtés, pour la soutenir, c'était le plus beau cadeau du monde, elle ne serait pas de trop dans les durs moments qu'elle devrait traverser. Elle se détendit légèrement mais n'osa pas esquisser un sourire, l'heure était trop grave pour se laisser aller.

« Merci, Lore... Ça me touche. »

Elle baissa le regard vers son ventre, il grossirait, c'était ça qui lui faisait le plus peur, un mélange d'appréhension et de colère, elle ne voulait pas du gosse et pourtant si Léandre l'acceptait elle serait obligée, après ce que lui avait dit l'infirmier elle n'avait pas vraiment les cartes en main pour avorter. Cet acte lui paraissait également criminel, même si ça avait été la première chose à laquelle elle avait pensé au début, mais elle ne voulait pas tuer un être vivant comme ça, c'était simplement inhumain. Et puis c'était un bout de Léandre et de Marlene, un mélange des deux, elle ne pouvait pas se permettre ça.

« C'est à toi maintenant. Pourquoi Truwnord alors ? »

Elle s'accorda un petit sourire, s'il fallait encourager son amie elle userait de tous les moyens possibles pour le faire avant qu'elle ne se démonte. Apparemment ça ne semblait pas si évident que ça, elle l'avait appris à ses dépens lorsqu'elle avait annoncé qu'elle était enceinte. Loreleï avait reçu la nouvelle sans négativité alors Marlene, en retour, l'écouterait jusqu'au bout, la prendrait dans ses bras si elle venait à pleurer, et lui parlerait en face, franche, d'amie à amie.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mer 10 Déc - 18:53


Je souris. Pour moi c'était normal de l'aider et de la réconforter mais visiblement ce n'était pas automatique. Moi j'avais toujours agi comme ça. Je perdis cependant mon sourire lorsque elle me demanda pourquoi je portais ce nom. La question que je redoutais tant. Le temps des réponses et des confidences était arrivé. Je levais la tête et expirais tout l'air présent dans mes poumons d'un seul coup. J'allais avoir du mal à tout lui expliquer. C'était une histoire longue. Cependant j'avais promis. De plus, je savais que si je pouvais me confier à quelqu'un c'était bien Marlène. Je passais ma main dans mes cheveux, les ramenant en arrière et je commençais :

"-C'est une longue histoire... Alors que j'avais dix ans, les Truwnord étaient encore une famille "nombreuse". Deux parents qui ne faisaient pas vraiment attention à leur quatre enfants. Un aîné qui s'occupait de ses trois cadettes comme un père l'aurait fait mais qui restait tout de même leur frère. L'aînée des filles, aimait et adorait par sa sœur. Celle-ci discrète en public était une joyeuse petite fille vive et bavarde, profondément irrespectueuse des règles et passionnée par la danse. Puis il y avait la benjamine qui avait à peine 6 ans. Joyeuse, bavarde, gentille et généreuse. Pile électrique aussi."

Je souris alors que je parle ainsi de ma petite Lou-Ann. Elle l'est toujours la même mais elle suit dangereusement mon chemin. Et ça me fait peur pour elle. Mais je continue pourtant mon histoire :

"-Mais un jour alors que la fille du milieu des naissances était à la danse, le seul garçon de la fratrie parti. Sans un mot, sans un bruit. Et cela porta un coup au cœur de la petite danseuse. Elle en pleura. Longtemps. Et peu à peu sa tristesse, son amour et son admiration pour son frère se transformèrent en colère, en haine et en rancune. Puis les parents déménagèrent. Et l'aînée récupéra le rôle de Maman. Mais rien n'était plus pareil. Et un jour l'aînée eu une discussion très sérieuse avec la danseuse. Elle lui demanda si elle saurait s'occuper de la cadette au cas où il lui arriverait malheur. La petite hocha simplement la tête et partit se couchais. Mais deux jours plus tard une nouvelle tragédie survint. C'était un soir d'orage. Le tonnerre grondait et les éclairs illuminaient le ciel. La mère est passée devant la porte de la chambre de la danseuse les larmes aux yeux. Comme lorsque le frère s'était enfui. La danseuse entendit le hurlement de sa petite sœur puis couru vers la provenance du cri. Elle vit le corps pâle et sans vie de l'aînée, allongée dans son lit. Elle tomba à genoux sur le tapis totalement ébahie, complétement effondrée. La cadette pleurait à ses côtés. Le père avait rabattu le drap blanc sur le visage paisible et calme de la morte. Puis quelques mois plus tard, les parents décédèrent à leur tour dans un accident de voiture. La danseuse tint sa promesse. Elle s'occupa de la plus petite aussi bien qu'elle put. Mais au bout d'une semaine elles furent attrapés par les autorités et envoyés à l'orphelinat Moor. Je pense que tu l'a compris. La cadette c'est Lou-Ann. Si cela t’intéresse, le prénom de ma sœur était Ayden. La danseuse c'est moi. Et le frère... C'est Max. Notre cher prof de sport."

Je me sens vide d'avoir racontée cette histoire. C'était ce qui faisait le gros de mon être. Le reste se partageant entre Lou-Ann, Salomé et Marlène bien-sûr. La j'ai l'impression qu'on m'a retiré la moitié de moi. Ma haine à été ma seule compagne pendant plusieurs années. Ça me fait très bizarre de la partager avec quelqu'un. Je déclare finalement :

"-Je n'ai pas toujours été aussi calme, silencieuse, et autant dans les rangs. Avant j'étais joyeuse, bavarde, désobéissante, une vraie pile électrique, une Lou-Ann version un peu plus grande. Aujourd'hui je ne retrouve ma vivacité et ma grande gueule que lorsqu'on parle contre mes amis ou ma famille ou lorsqu'on s'en prend à eux. Je m'en fiche même qu'on crache sur moi dans mon dos tant qu'ils ne vous touchent pas."
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Sam 10 Jan - 11:03

Marlene essuya ses larmes. Elle n'était pas la seule à avoir un passé déprimant. Loreleï allait lui raconter son histoire, et en tant qu'amie, elle se devait de l'écouter. Elle était certaine que cela expliquerait bien des choses, notamment le fait qu'elle porte le même nom que le professeur de sport. Cela en devenait d'autant compliqué que, s'ils étaient de la même famille, Marly aurait du mal à apprécier ce prof. Il l'avait prise en grippe, et elle le détestait en retour. C'était une simple question de principe, rien de plus.
Alors, au fur et à mesure que Lore racontait son passé dans les moindres détails, la jeune fille reconnut tour à tour son amie, puis Lou Ann, et enfin Maximilien Truwnord. Marlene poussa un soupir inaudible ; c'était décidément plus compliqué qu'elle ne l'avait envisagé. Elle n'arrivait pas à trouver les mots pour réconfort Loreleï. Il n'y en avait pas. C'était une blessure que seul le temps pourrait reboucher. Il suffisait de s'armer de patience et tout redeviendrait normal le lendemain.
Cette pensée acheva de réveiller Marly. Non, demain ne serait jamais pareil. Demain, elle devrait annoncer à Léandre qu'il était papa, retourner voir l'infirmier et prendre une vraie décision. Mais rien ne serait pareil : plus maintenant. Et être bousculée comme ça dans ses habitudes, cela choquait encore plus Marlene. Elle n'avait plus l'habitude du changement.

« Je suis désolée Lore... »

La jeune fille se trouvait bien trop égoïste. Elle devait faire quelque chose pour son amie. Mais quoi ? Elle n'en avait aucune idée. Elle ne méritait décidément pas Loreleï. Il y avait un monde entre elles et elles avaient réussi à se lier d'amitié. Un exploit ! Marlene resta pensive un moment, songeant d'établir les faits d'une manière plus objective. Le frère avait abandonné ses sœurs, qui s'étaient retrouvées livrées à elle-mêmes. C'était cruel. Marly se renfrogna ; elle détestait encore plus le professeur Truwnord à présent. Il n'avait pas le droit de faire du mal à Lore. Ça mettait la ruban blanc hors d'elle. On n'abandonnait pas sa famille comme ça, merde !

« Tu lui as parlé, à ton frère ? »

La voix de Marlene s'était faite déterminée. Elle voulait lui en faire coûter. D'ailleurs, il ne méritait même plus le titre de frère. S'il l'avait un jour été, il ne l'était plus... Ça ne se faisait pas. Personne ne l'avait forcé à quitter ses sœurs, si ? Marly ne connaissait certainement pas l'histoire en entier, et cette pensée la refroidit. Elle n'avait en rien le droit d’interagir sur la famille des autres, surtout quand elle-même n'en avait plus.

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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mar 10 Fév - 2:12


Marly n'avait pas à être désolée. Rien n'était de sa faute dans cette affaire. Tout n'était qu'une affaire de circonstances, de lacheté, de mensonges et de non-dits. Et pour moi qui ne supporte pas les mensonges...Cette affaire est un gros fouilli dans lequel je suis plongé. Et si je veux en sortir il va falloir tout démêler. En commencant par le mystère Max. Mais ça... Ca devrait finir par se régler. J'ai rendez-vous avec William chez lui dans deux jours. Il m'a avoué qu'il connaissait mon frère d'avant l'orphelinat et qu'il savait pourquoi il était parti. J'ai hâte de savoir mais... J'ai peur en même temps. Je réponds finalement à Marlène :

"-T'as pas à être désolée... Rien n'est de ta faute dans cette histoire."

Je lui souris et écoute sa question. Oui j'ai parlé à Max. Résultat de la conversation. Beaucoup de larmes pour moi et pas beaucoup d'explications de sa part. Mais bon. J'ai vidé mon sac et même si je le porte toujours il est déjà un peu moins lourd qu'avant. La discussion a fini par tourner court lorsque je me suis finalement rappelée que j'avais cours de géographie et que j'étais en retard. Autant vous dire que je suis arrivée en piteux état au cours de géo. Et que Aurore n'a pas manqué de se moquer ouvertement de moi avec sa cour. Mais bon à ce moment j'étais bien trop dans le feu de l'action de ma conversation avec mon frère. Avec le recul j'ai bien honte. Je devais vraiment avoir l'air pitoyable, les cheveux plus en pétards que d'habitude, les yeux rouges et la voix encore hachée par les sanglots. Je me décide finalement à répondre à ma meilleure amie :

"-Oui mais honnêtement la conversation n'a pas menée à grand chose sinon à me faire pleurer et à me rendre compte que malgré toute la volontée du monde dont j'avais usée pour haïr mon frère je n'y suis pas parvenue..."


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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Dim 15 Fév - 12:21

Marlene déglutit et baissa les yeux. Si sa vie avait ressemblé à celle de Loreleï, peut-être que ça aurait été plus facile. Mais elle n'osait pas le penser trop fort. À l'orphelinat, personne n'a de chance. Qu'on fasse partie des élèves ou du personnel, c'est la même chose. Les habitants de l'île n'ont pas un passé très heureux, et bien souvent, ils fuient par ici pour échapper à l'histoire qui les poursuit. Mais Marly ne sait pas si elle doit sourire gentiment ou pleurer pour Lore. Ou la prendre dans ses bras, se montrer réconfortante. Mais cela ne servira à rien, et elle le sait, alors elle se contente de s'approcher de Loreleï pour la serrer contre elle durant de longues minutes. En soupirant, elle s'éloigne un peu et croise les jambes. Fixant son amie, elle lance :

« N'essaie pas de le haïr, ça viendra tout seul... »

C'était ce qui était arrivé pour Marly. Elle s'était mise à détester sa famille, à détester Moor, et tous les orphelins sans qu'elle ait besoin de faire un effort. Léandre avait changé sa vie, mais l'amour n'existait pas avant lui. Ça la rendait heureuse, mais ça l'inquiétait aussi terriblement. Elle n'avait pas pensé pouvoir s'attacher à quelqu'un au point de vouloir mourir pour cette personne. Mais Léandre c'était différent, depuis leur rencontre. En fait, il lui semblait qu'elle était tombée amoureuse dès qu'elle avait vraiment posé les yeux sur lui, dans la salle informatique. Dès le moment où il l'avait aidée à faire son devoir de biologie. C'était bien de la biologie ? Oui. Et c'était la première fois que Marlene avait autant apprécié cette matière. Pour un peu, elle en serait allée remercier le prof.

« Qu'est-ce que tu comptes faire ? »

La meilleure façon de montrer à ses amis qu'on est là pour eux, c'est de leur paraître soucieux. Et Marly l'est vraiment. Elle n'a jamais su jouer la comédie avec Lore, ni lui mentir d'ailleurs. Et elle sait que la brune déteste ça. C'est fou ce qu'elles sont différentes. Elles vivent dans leur monde, pensent différemment, réfléchissent différemment. Marlene ne se rappelle plus comment elle se sont liées d'amitié, mais au début ça avait été difficile. Non, vraiment, elle ne se souvenait plus.
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Dim 8 Mar - 12:53


Je tente de sourire a Marly. J'ai toujours eu du mal à haïr les gens, surtout lorsque je les connais bien. Et je connais mon frère sur le bout des doigts. Je suis capable de prévoir chacune de ses réactions. Il était capable de faire de même pour moi autrefois. Mais depuis son départ j'ai tellement changé qu'il est complétement perdu. Je l'ai bien vu. Je soupire et m'adresse à Marly :

"- Je sais pas... Je sais pas ce que je vais faire. Je pense que je vais essayer de faire des recherches sur le pourquoi Max est parti. Et en attendant je vais sécher les cours de sport et je ferais en sorte que Lou-Ann ne se doute pas de qui est réelement Monsieur Truwnord."

Je me relève avec un soupir et observe les nuages gris qui ont recouvert le ciel de Nouvelle-Zélande. La fenêtre dans le toit du grenier est sale mais la lumière perce pourtant. Une lumière sombre et froide. Mais pure malgré tout. Je souris doucement, me rappelant de mon stage de danse à Genéve alors qu'il faisait tout aussi moche. Moi et ma compagnie étions partis pour la Suisse afin de découvrir leurs façons d'apprendre la danse. Et ensuite c'était au tour de l'autre compagnie de danse de venir chez nous. Toutes ses pensées me ramènent prés de Léo et Emma. Ils avaient étés mes meilleurs amis durant très longtemps et cela avait été un véritable déchirement de les quitter peu après le départ de Max. Je ne voulais pas les quitter ni eux, ni l'Ecosse.

Ce déracinement n'avait fait que me renfermer un peu plus sur moi-même. Nous avions échangés des lettres durant longtemps. Jusqu'à la mort de mes parents où je n'ai pas eu le loisir de leur répondre. Je ferme les yeux, refusant de me plonger dans mes souvenirs. Mais je sais qu'ils voudraient tout deux que je sois heureuse tout comme Ayden et mes parents le voudraient. Alors je rouvre les yeux, un sourire enfin posé sur mes lèvres. Je regarme ma meilleure amie et lui dis :

"-Mais malgré les épreuves je resterais debout. Je ne replongerais pas. Je finirais par trouver un équilibre qui me permettra de m'occuper de ma soeur, de continuer à avancer et d'être heureuse. Je sais que je le peux. Je sais que je peux devenir l'adolescente que j'aurais dû être. J'en suis persuadée."
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Ven 13 Mar - 18:00

Marlene sent que l'atmosphère vire au gris pale depuis qu'elles parlent toutes les deux de Truwnord. La blonde préférerait un sujet plus sympathique. Comme par exemple de discuter de sa future maison, si jamais Léandre acceptait de déménager avec elle... Cette incertitude l'angoisse à nouveau et une grosse boule vient lui obstruer la gorge. Elle reste silencieuse, les larmes aux yeux, jusqu'à ce qu'elle se rende compte que Loreleï vient de se lever pour regarder par la fenêtre. Elle soupire pour elle-même et se lève à son tour, posant la main contre le mur. Le matelas grince sous son poids et elle se dit que ce sera encore pire une fois que les mois seront passés. À quoi ressemblera-t-elle quand on verra vraiment qu'elle est enceinte ? Une baleine. Sans aucune grâce... Le moral détruit à coups de pioche, elle fixe l'horizon d'un air déprimé sans se soucier des paroles de Lore. Si elle l'écoute dès qu'elle le peut, elle a aussi des moments de rêverie qui lui sont propres. Et cet instant fait partie de ceux-là.

Un silence vint combler leurs esprits à toutes les deux, et c'est la voix de sa meilleure amie qui rappelle Marlene à elle. Elle réintègre subitement le monde réel, mettant fin à ses fantasmes et ses rêveries, tentant de comprendre ce que Lore ressent réellement. Tout ce que son amie vit, elle l'a déjà expérimenté. L'amour, la haine, la colère, la rage... Ce genre de choses, elle connaît. En revanche, les relations humaines... ce n'est pas encore ça. Quand bien même elle a fait des efforts, depuis le temps. Elle sourit en se remémorant l'obstacle qui l'a fait changer de chemin, et par ailleurs, de vie. C'est Léandre. Il s'est pointé comme une fleur, un jour où elle n'arrivait pas à faire marcher un ordinateur, et il lui a sauvé la vie. Enfin, façon de parler. Et ils se sont embrassés. Sur un banc. Au milieu des jardins. C'est sans doute ce qui l'a guérie Marlene. Elle est devenue plus supportable. Légère. Comme la brise...

Un petit ami était sans doute ce qui pouvait lui arriver de mieux. Avant... avant Violet, Anna, et aussi le bébé. La vie elle est chiante. Elle trahit, elle pactise avec le diable, elle fait souffrir. Parfois elle fait rire, aussi. Mais bien souvent elle rend les choses plus douloureuses encore, et il faut bien des efforts pour se relever. Pour ne pas replonger, comme le dit si bien Loreleï. Et cette dernière est tellement optimiste ! Parce que, à Moor, aucun adolescent ne redevient celui qu'il aurait dû être. À moins que Lore ne parte d'ici, elle a peu de chance de voir sa vie devenir un rayon de soleil. C'est misérable, c'est acide. Mais c'est vrai. Marly ne se voile plus la face...

« T'as raison. Je crois en toi. Lou-Ann aussi... »

Elle sourit. Que pourrait-elle ajouter d'autre ? Elle n'use pas souvent du mensonge, encore moins avec Lore, mais là... là, elle ne peut pas casser ses rêves. Le rôle d'une amie c'est autant être sincère, autant faire le bien et non le mal. Mais la blonde se sent coupable et elle ne peut s'empêcher de se mordre la lèvre. Elle souffle et se détend un peu, espérant trouver la paix.

« On ferait mieux de descendre, tu crois pas ? »
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Mar 21 Avr - 1:13


J'adressais un sourire lumineux à Marly. Oui je suis naïve de penser qu'un jour je sortirais d'ici et que je pourrais redevenir celle que j'étais. Mais qu'on me laisse rêver d'abord, merde. J'espère (ou plutôt je me perds dans le rêve et l'espérance) qu'un jour je pourrais confier Lou-Ann à Max, sereinement et que je pourrais partir au Japon. Que je pourrais visiter ce pays qui à connu deux bombes atomiques durant la Seconde Guerre Mondiale mais qui c'est relevé. Aujourd'hui Nagasaki c'est reconstruit et ce, à toute vitesse. Mais ce que je veux vraiment visiter, c'est Tokyo, cette ville qu'on dit grouillante de monde, de pollution, de lumière, de bruits et de vie. Surtout la nuit. La barrière de langue ? Ça m'effraie un peu bien sûr mais je parviendrais bien à me débrouiller pour apprendre le japonais au fil des mois. Et puis, où que tu aille dans le monde, tu trouve toujours des gens qui parle anglais. J'ai du bol quoi. J'aurais pu naître en Allemagne ou en Russie et là, c'est déjà plus dur pour trouver des gens qui parlent allemand ou russe. Mais je suis née en Ecosse. En parlant d'Ecosse... Si je pouvais retrouver Léo et Emma en sortant de l'orphelinat ce serait sympa. Parce que mes deux meilleurs amis (enfin j'ai Marly aussi mais elle est dans la pièce avec moi, je ne peux pas dire qu'elle me manque) me manquent. Voir même un peu, beaucoup. Ah ce serait la belle vie quand même... Il ne manquerait plus que d'intégrer une prestigieuse école de danse à Tokyo avec Emma et Léo pour que mon bonheur soit complet. Mais oui, je sais. Pas la peine de me le répéter. Je rêve, je sais.

Je me tourne enfin vers Marly lorsqu'elle me proposa de redescendre. J'hochais la tête. Je ne savais pas quelle heure il était mais j'étais censée retrouver ma petite sœur à la bibliothèque pour l'aider avec un devoir de mathématique sur lequel elle calait. Je savais qu'elle était excellente dans certaines matières mais qu'il en avait d'autres où c'était très laborieux. Les mathématiques en faisaient parti. Je m'étais jurée que je serais disponible pour ma sœur sur tout les plans quitte à me faire passer derrière. C'était exactement ce qui se passait. Mais je ne m'en plaignais pas. Je l'avais choisi. Je regardais ma montre. Il me restait un quart d'heure avant de retrouvais Lou-Ann à la bibliothèque mais je voulais y être dix minutes avant histoire de me préparer. Les devoirs avec Lou-Ann ce n'était pas un enfer... Mais presque. Je n'étais pas douée pour expliquer, elle n'était pas la meilleure pour retenir les notions. Je me tournais vers Marly et déclarais :

"-Effectivement, va falloir qu'on redescende... Je suis sensée être à la bibliothèque dans cinq minutes pour aider Lou sur un devoir de maths."


Je souris à Marly et descendit la première par l'échelle. Je maintins celle-ci pour mon amie et une fois qu'elle fut en bas, je lui pris les mains, la fixant dans les yeux :

"-Marly... Ça va aller d'accord ? Tout va bien se passer. N'oublie jamais que je suis là pour toi et ce, à n'importe quelle heure. Et je suis sûre que Léandre aussi. D'accord ? Ça va aller."

Je serrais ma meilleure amie dans mes bras, consciente qu'elle vivait quelque chose de difficile. Mais elle surmonterait ça. Elle était forte, je le savais. Alors je lui souris, lui fis la bise et sur un dernier signe, me dirigeais vers un devoir de maths qui, je le sentais, aller me prendre la tête.


Désolé:
 
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MessageSujet: Re: Intra muros. [Loreleï]   Dim 3 Mai - 0:24

Marlene ne se sent pas très bien. Elle a parlé à Lore, Lore lui a parlé, mais il n'y a rien de joyeux dans l'histoire et c'est le plus désolant. Elle soupire et baisse le regard, elle n'aime pas affronter celui de sa meilleure amie. Elle peut paraître lâche, mais c'est comme ça, elle a toujours été faible et vulnérable. Ce bébé, elle n'en veut pas vraiment, mais elle se sent obligée de le garder par égard pour Leah, si lui le veut. Tant pis. Elle a foutu sa vie en l'air mais c'est pas grave. Leah sera là, elle l'espère. Elle le connaît bien, il est trop gentil pour refuser quelque chose. Mais ça l'embête d'agir ainsi, comme si Léandre était un simple objet. Non bordel, c'est l'homme qu'elle aime, et ya pas moyen de changer ça. Merde !

« Ok. A plus tard, Lore. Et merci. »

Elle laisse son amie la serrer dans ses bras et écoute ses encouragements. Elle lui plante un baiser sur la joue et regarde Loreleï qui descend l'échelle. Pour retrouver le vrai monde. Le monde où on se retrouve pas dans un feuilleton de télé-réalité avec une gamine de 19 ans enceinte. Où personne n'est censé avoir couché avec personne et puis c'est tout. Bordel de merde, ce qu'elle se sent mal Marlene ! Elle pense qu'elle va rester là encore un peu, les jambes dans les bras, le menton dans les genoux. Et puis tant pis.

RP FINI
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